Poème pour oublier quelqu’un : 18 textes sur l’oubli amoureux
On croit avoir oublié. Puis un paysage derrière une vitre, un parfum croisé dans la rue ou une phrase entendue par hasard, et tout revient en une seconde. Ce recueil rassemble 18 poèmes pour oublier quelqu’un, ou plutôt pour dire à quel point c’est difficile : la colère qui monte, la nostalgie qui s’invite, les promesses qu’on se fait pour tenir, et l’amour qui reste malgré tout.
Certains de ces textes veulent tourner la page. D’autres supplient qu’on ne les efface pas. Lisez-les dans l’ordre, ils suivent le chemin que fait souvent le cœur après une rupture : le souvenir, la déchirure, la révolte, l’impossible oubli, puis une forme d’apaisement.
Sommaire :
Quand on revient là où tout a commencé : un poème sur l’oubli qui ne tient pas
Vous pensiez avoir tourné la page. Il suffit d’un paysage connu pour que le cœur se remette à battre.
Oubliée
La main contre la vitre
Je revois ce paysage
Connu depuis trop longuement
Déjà, mon cœur devient fouJe ne voulais pas revenir
Dans cette gare du passéMais ton corps, ta voix,
Ton parfum, tes yeux,
Que j’avais oubliés
M’enivrèrent une fois de plus
Le retour au passé ne fait pas toujours mal tout de suite. Parfois il commence par une douceur, comme celle de l’été que raconte le poème suivant.
Un poème de nostalgie amoureuse : l’été où l’on se trouvait si belle
Avant la rupture, il y a eu des tonnelles, des doigts qui s’emmêlent et des mots dits tout bas.
Villanelle de l’été passé
Comme je me trouvais plus belle !
Sous la caresse de vos doigts
Qui s’emmêlaient dans mes dentelles.Dans la pénombre des tonnelles
Vous me parliez d’amour tout bas
En mouvements de balancelle.L’astre solaire en étincelles,
De ses flèches trouait les bois,
L’été brûlait l’air des ruelles.Vous me disiez rester fidèle
Au long des jours, au long des mois,
Comme l’étoile l’est au ciel…Comme l’oiseau à tire d’aile
Vous êtes parti aux grands froids,
Et la neige sur la margelle
Fond sous les larmes du dégel.
La villanelle finit sur la neige qui fond. Dans le poème suivant, c’est encore un soir d’été qu’on se rappelle, mais il tourne à l’amertume.
Le souvenir d’un soir d’été qui finit en rancœur
Un lac, des étoiles, un silence. Et soudain une porte entrouverte qui change tout.
Autrefois
Un peu d’encre rouge vif
Tel un baiser volé
Durant un soir d’étéTandis que l’eau se meurt sur le récif
Un soir où tout s’est embrasé
Le temps s’est arrêté
Seul le lac motivé gémissait
Rompant un silence discretLa nuit tombante découvrait
Quelques étoiles perdues
Que nous seuls elles percevaient
Alors elles se sont tuesLe vent s’est levé doucement
Ne perturbant aucun de nous
Ma tristesse était ravissante
Et ma solitude étincelanteMa rancœur nous a rejointes
La souffrance nous soutenait
La douleur aussi s’est plainte
Alors la haine s’est incrustéeNous étions nombreuses ce soir-là
À se rappeler les souvenirs d’autrefois
Le pire étant la porte entrouverte
Lorsqu’une inconnue à toi s’est offerte…
À partir d’ici, un mot prend toute la place : « hier ».
« Hier j’aimais, aujourd’hui je désespère » : un poème sur le passé révolu
Tout le poème tient dans l’écart entre deux journées, et dans un petit mot qui change la fin.
Passé Révolu
Hier j’aimais,
Aujourd’hui je désespère,
Hier la vie je buvais,Aujourd’hui la mort me serre,
Hier j’ai rêvé,
Aujourd’hui mon âme s’est noyée,
Hier j’avais le bonheur,
Aujourd’hui c’est la dernière heure,
Hier à toi j’ai pensé,
Aujourd’hui j’ai tout oublié……Sauf que je t’ai aimée !
Ce « sauf que » est exactement le problème de celui qui écrit le poème suivant : il croyait avoir oublié, et il a fini par retrouver l’autre.
Retrouver quelqu’un qu’on croyait oublié, et comprendre qu’on ne l’avait pas oublié
Des années d’espoir, une rencontre, et la douleur de ne plus rien trouver de ce qu’on espérait.
Amour oublié
J’avais perdu tout espoir
D’un jour te revoir
Et de me perdre dans tes yeux
Là où tout a commencé
Mon désir
Mon amour pour toiDe l’eau avait coulé sous les ponts
Comme les larmes dans mes yeux
Toujours pour toi
Toujours cette même douleur
Qui ronge mon cœur
De cet espoir de te revoirEt je t’ai vu hier…
Pensant te donner
Tout l’amour que j’avais oublié
Au fond de mon âme blessée
Mais je n’ai pu trouver cet amour
Qui m’avait longtemps hantéJusqu’à réaliser
Ne pas avoir oublié
L’amour des années passées
Qui est revenu me chercher
Dans toutes mes pensées
Mais… tu n’étais plus là…Encore bien loin de moi
J’ai encore échoué
Et mes sentiments pour toi
Vont mourir avec moi
Car je ne peux vivre sans toi
Parfois, ce n’est pas celui qui écrit qui n’arrive pas à oublier. C’est celui qu’on aime.
Quand l’autre n’arrive pas à oublier son ex : un poème d’amour à trois
Un refrain qui revient, et une phrase qui retombe toujours au même endroit.
Amoureuse, tu l’oublies
Tu oublies que je vais beaucoup souffrir
T’oublies pas qu’elle t’a fait beaucoup souffrirTu oublies que je vais beaucoup pleurer
T’oublies pas qu’elle t’a fait beaucoup pleurer
Mais tu ne peux l’oublier, elle.Tu oublies notre dimanche idyllique
Tu oublies les bouchons du pneumatique
Tu oublies ce ciel bleu tant menacé
Tu oublies qu’on s’est beaucoup embrassés
Mais tu ne peux l’oublier, elle.Tu oublies de fâcher tes piètres élèves
Tu oublies que je crois bien que je t’aime
Tu oublies que j’ai fait d’intimes projets
Tu oublies que je ne peux t’oublier
Mais tu ne peux l’oublier, elle.Tu oublies l’heure que l’on s’était donnée
Tu oublies que j’aime beaucoup m’amuser
Tu oublies de me faire des sourires
Tu oublies de me laisser repartir
Mais tu ne peux l’oublier, elle.Tu oublies la vie qui t’attend demain
Tu oublies de me chanter ce refrain
Tu oublies que tu pourrais être heureux
Tu oublies qu’on pourrait être bien tous deux
Mais tu ne peux l’oublier, elle.Tu oublies que je vais beaucoup souffrir
T’oublies pas qu’elle t’a fait beaucoup souffrir
Tu oublies que je vais beaucoup pleurer
T’oublies pas qu’elle t’a fait beaucoup pleurer
Tu oublies que j’suis amoureuse…— Léa Marine
Quand personne ne répond, il reste une solution : écrire, longtemps, pour soi.
Écrire toute la nuit pour ne pas craquer : un poème sur le passé qui ne passe pas
Des nuits à tout dire sur papier, et personne pour demander à lire.
Passé
J’ai bouleversé mes nuits,
Plongée dans mon passé…Je ne cessais d’écrire,
Je voulais tout vous dire.Colère, peur et douleur,
Tout se mélangeaitPuis au petit matin,
La tête entre les mains…Dans l’attente d’un signe
Pour aller loin… plus loin !Mais rien n’est venu,
Seule, j’ai continué…Et quand ce fut fini
J’ai voulu vous le lireVous n’avez rien demandé
Alors, je suis partie…
Le poème suivant parle d’une absence qui ne ressemble à aucune autre : celle d’un départ sans retour possible.
Quand l’oubli devient un deuil : « À la mémoire du vent »
Quatre ans d’attente, un appel dans le vide, et une dernière ligne qui ferme la porte.
À la mémoire du vent
Mon oreille : évoque-t-elle encore
Mes chants, mon orgueil, mes soupirs ?
Ou tu veux dire que c’est vainJe m’engage à quêter ton âme,
Ta silhouette,
Et je sais que c’est vainT’es proche ? Non, t’es loin.
J’erre et tu ne veux pas revenir.
Reviens, je t’en prie, reviens.
J’ai besoin de toi, viens me soutenir.
Tu dois paraître, ce passé doit reluire,
Ce futur doit s’enflammer…Quatre ans : c’est pas trop long.
Je vois encore tes sourires.
C’est pas facile, ces quatre ans.
Tu écoutes bien mes soupirs.Je vagabonde, et la pluie d’autrefois
Cesse de partager le bien.
Je patauge : ces ailes me trahissent
Et ce mai honteux
N’ose m’inviter.Tu es parti ?
Tu sais que je ne peux plus mener la barque.
Tu as brisé mon cœur
Et tu sais que je t’aime.
Pourquoi tu m’as laissé tomber ?
Nous étions bien au-dessus de la terre.
Pourquoi la vie nous sourit un moment
Et me tue souvent ?Le ciel n’est plus le même
Et ses oiseaux abîment leurs mélodies,
Leur éminence.
Pourquoi ai-je abîmé mon bonheur
Dès que j’ai su que tu es parti ?
Est-ce parce que tu ne veux pas revenir ?
Ou parce que je sais que c’est vain ?
Que tu es mort,
Parfaitement mort.— Wadi3 Wadi
Après la révolte et la fatigue, vient le moment où l’on demande simplement qu’on nous laisse tranquille avec ce souvenir.
« Laisse-moi oublier » : un poème sur l’envie de partir sans pouvoir quitter
Je veux que tu restes, je ne veux plus te voir : tout le conflit tient dans ces deux phrases.
Laisse moi oublier
La tristesse me ronge
De l’intérieur
J’ai peurC’est étrange
J’veux pas qu’tu partes
J’veux qu’tu restes près de moi
Mais j’veux plus te voir
J’veux plus me battreLutter contre toi
Tous les jours
Même aidée par mon amour
Marre de cette facette de toiJe veux crier
Je veux hurler
Je veux plus penser
Et surtout oublierMême si c’est pas pour longtemps
Même si c’est pas complètement
Même si je fais semblant
Car je ne pourrai t’oublier totalement— Syllian
Dire qu’on veut oublier, c’est une chose. Le poème suivant, lui, passe à la décision.
« Je dois t’oublier » : un poème de rupture, sans demi-mesure
Plus de tendresse ici. La déception a pris toute la place, et la voix ne cherche plus à ménager personne.
Je dois t’oublier
Je pensais sincèrement que notre histoire
Durerait vraiment plus qu’elle n’a duré
J’ai peut-être fait semblant de ne pas voir
Que certainement, tu ne disais pas la véritéJe ne veux plus entendre tes contradictions
Je ne veux plus entendre tes explications
Je pense que tu ne m’en voudras pas
De ne plus être là pour toiMes sentiments pour toi cessent
Il n’y a que le ressentiment qui reste
À force de me mentir
Tu m’as fait te haïrJe me demande à cet instant
Comment les « je t’aime »
Peuvent aussi facilement
Se transformer en haineJe ne chercherai plus à te revoir
Tu ne chercheras plus à me décevoir
Chacun va poursuivre ainsi son chemin
Et vraisemblablement s’oublier demainSache que je t’oublierai
Ainsi que tout le mal que tu m’as fait
Il ne restera même pas le plaisir
Ni même l’image de ton sourireToi en qui j’ai tant cru
Pour moi tu n’existes plus
Je t’ai chassé de ma vie
Nous ne serons même pas amisExcuse-moi d’être aussi radical
Mais tu m’as fait trop mal
Il faut que je t’oublie
Ça sera mieux ainsi— Martin Codron
Tout le monde n’a pas cette fermeté. Dans le poème suivant, la voix se fait la leçon, presque comme une amie le ferait.
Comment oublier quelqu’un qui ne vous mérite pas : le poème qui se parle à lui-même
Elle sait qu’il faut partir. Elle sait aussi qu’elle retombera dans ses bras à la prochaine occasion.
Il me faut l’oublier
Il est sans défaut et me regarde à peine
Je m’accroche à lui comme une chaîne
Il ne me mérite pas, je le sais au fond de moiIl me faut le quitter que je le veuille ou pas
J’ai pourtant tant de choses à donner
Comme de l’amour et de la sincérité
Mais c’est tout le temps pareil, c’est plus fort que moi
Il est si beau et si doux que je lui tombe dans les bras
Je me dis à chaque fois…
Cesse de porter si haut cet amour illusoire
Cesse donc de te leurrer, de broyer du noir
Ouvre tes volets, laisse le soleil entrer
À quoi bon t’enterrer ? L’amour fait mal, tu sais
Sois honnête envers toi et prends-toi par la main.
Sache lui dire adieu et non à demain
Recommence enfin à zéro.
D’accord, il était beau, mais ce n’était pas Roméo
Laisse parler ton cœur. Suis-le où il te mène
Mais prends garde aux crétins qui t’entraînent.
Laisse ton rêve se briser au fond des oubliettes
Il ne tient qu’à toi d’être la nouvelle Juliette.
Décider d’oublier ne suffit pas. La voix suivante le sait déjà, et elle le dit avec un mélange de bravade et de lucidité.
« J’oublierai comme toi » : la promesse qu’on se fait pour tenir
On répète « j’oublierai » comme une prière. Et la dernière strophe défait tout ce qu’on vient de jurer.
Comme toi j’oublierai
J’oublierai comme toi
Ce qui un jour fut nousDans ces nuits, les émois
Qui toujours rendent fousJ’oublierai, oui, crois-moi
La douleur et le froid
Quand ton cœur refusa
De battre encore pour moiJ’oublierai cette nuit
Où blottie contre toi
Nous fûmes réunis
Incontrôlables ébatsJ’oublierai… j’oublierai
Puisqu’il le faut ainsi
Je vivrai, sortirai
Pour vaincre mon ennuiMais tout n’est que vain mot
Pour tromper ma détresse
J’ai gravé dans ma peau
La moindre de tes caresses— Véronique Beramelo
Le poème suivant refuse de faire semblant. Son titre est déjà un aveu.
« Jamais je ne t’oublie » : un poème sur l’amour qu’on n’arrive pas à laisser partir
Se souvenir n’est pas une défaite, dit le premier couplet. Le dernier vers le prouve.
Jamais je ne t’oublie
Quand l’amour disparaît,
Il faut bien l’admettre.
De revivre le passé
N’est pas une défaite.Au-delà des mots doux de la passion éteinte,
Les moments heureux n’effacent en rien les amours défuntes.
Comme la confiance qui nous unissait,
Nous l’avons malmenée : est-ce perdu à jamais ?Pourquoi le cœur fait-il tant de sottises ?
La chance offerte en nous a fléchi son emprise.
Tes serments résonnent encore en baisers invectives.
Sur notre belle histoire s’est refermé le livre !Et si… la raison faisait table rase,
Quelle chance pour moi de retrouver la face,
De sortir du néant, de l’obscurantisme,
Afin de ranimer en nous la force vive.Mais, hélas, le temps recouvre en cohorte
Les gestes les plus doux en tas de feuilles mortes.
Je n’arrive pas à en prendre mon parti,
Le temps fuit et jamais je ne t’oublie.— Lissounette Desgranges
Les deux poèmes qui suivent sont les plus sombres du recueil.
Une précaution avant de continuer : les deux textes suivants évoquent des pensées très noires liées à une séparation. Si ces mots résonnent trop fort en vous en ce moment, parlez-en à une personne de confiance. En France, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond gratuitement, jour et nuit.
« Ne m’oublie pas » : le poème d’une douleur qui ne voit plus d’issue
Un texte écrit dans le désespoir après la perte de l’être aimé, où l’on sent surtout un immense besoin d’être entendu.
Ne m’oublie pas
Pourquoi continuer à vivre
Vu que je ne dois que souffrir
M’éteindre, m’endormir
Et ne plus jamais me forcer à sourire
La mort, la fin de mes souffrances
Qui viendrait comme une douce délivrance
Une fois déjà elle m’a refusée
Pourquoi ? Comme cela je ne t’aurais jamais aimé
Vivre sans toi, je ne l’imagine pas
Car j’ai tant besoin d’être dans tes bras
Me sentir comme une enfant
Qui a besoin qu’on la protège tendrement
Mais tu es parti, loin, si loin de moi
Et moi je refuse de continuer sans toi
Dormir, ne plus me réveiller
Dormir pour ne plus t’aimer
Me paraît être la seule solution
Car je refuse de vivre dans la dépression
Je refuse tout simplement la vie
Celle de laquelle tu es parti
Je n’ai plus la force de continuer
De me battre, d’oublier et d’avancer
Sans toi je ne suis plus rien
Car nous deux, c’était si bien
Voilà mes dernières pensées
Qui à toi sont adressées
Ne culpabilise surtout pas
Car cette vie n’était vraiment pas faite pour moi
Continue ta vie en te souvenant un peu de moi
En espérant juste que tu ne m’oublieras pas.… JE T’AIME …
Le poème suivant parle lui aussi de blessure, avec beaucoup moins de mots et un souffle plus court.
« L’oubli » : le poème qui s’écrit par fragments, comme s’il manquait de souffle
Des vers de deux ou trois mots, un point final, et une phrase qu’on garde pour la fin.
L’oubli
Je m’en vais
Vers le
point,Point final
De ma vie.
Tire un trait
Avec soin
Ça fait mal
Ton oubli.
Je n’ai point
Aussi loin
Que je me le
Rappelle, morbleu !
Connu d’eau
Aussi belle
Que le chant
Si chaud
De ce sang
Si vermeil
Qui coule
De ma veine
Et trace
Sur ma peau
Des lignes
Incertaines
Où ma main,
Tout à l’heure
Écrira
Que je t’aime.
Après l’ombre, des mots plus doux. « Ne m’oublie pas » change de sens quand il devient une simple prière.
« Ne m’oublie pas » : la prière de celle qui sait qu’on ne reviendra pas
Le même titre que plus haut, mais une tout autre voix : plus douce, plus lucide, presque apaisée.
Ne m’oublie pas
Dans tes yeux, j’ai grandi,
Dans tes bras, j’ai appris,
Mais aujourd’hui, tout est fini,T’aimer, c’est facile,
Te l’avouer, c’est difficile,
Mais t’oublier, c’est impossible.
Tout l’amour que je t’ai donné,
Tu n’en veux plus.
Aujourd’hui je sais que tu ne me reviendras plus.
Je me console en me disant
Qu’il vaut mieux aimer sans retour
Que de ne pas connaître l’amour.
C’est toi la clef de mon cœur,
Garde-la ou jette-la ; mais je t’en prie,
Ne m’oublie pas.
Reste à regarder le temps lui-même : celui qui efface, mais aussi celui qui permet de dire enfin ce qu’on n’a jamais dit.
Le temps passe : un poème d’amour à dire avant qu’il soit trop tard
On a oublié de se le dire pendant des années. Aujourd’hui, on prend le temps.
Le temps passe
Tant d’années se sont écoulées,
On a tendance à oublier
Que dans la vie le temps passe,Et on oublie ce qu’on a promis.
Aujourd’hui je prends le temps
Pour te dire encore ce que mon cœur ressent,
Que mon amour pour toi est tellement puissant.
Aujourd’hui je prends le temps
Pour te dire combien tu m’es indispensable,
Et pour moi tu es un être formidable.
Aujourd’hui je prends le temps,
Je prends le temps pour te dire.
Je sais qu’un jour je vais partir,
Dans mon cœur je sais que tu vas en souffrir.
Mais j’ai toujours en moi ce grand désir,
C’est dans tes bras que je veux mourir.— Macha
Le dernier poème prolonge cette urgence, avec une voix plus âgée et nettement plus franche.
Un poème sur le temps qui passe en couple : trente-cinq ans de mariage et une dernière chance
Ici, personne ne part. Ce qui menace le couple, c’est l’habitude, les fatigues et les mots qu’on ne dit plus.
Avec le temps
Cela fait près de dix ans que ma retraite survint ;
Depuis, j’ai pris mon existence en pleine main,
Je ne fais plus métro, boulot, dodo mais B.J.C.Bricoler, Jardiner, Cuisiner.
J’ai tout le temps d’occuper mes journées,
Attendant deux ans avant que mon épouse ne soit retraitée,
Et que nous profitions pleinement des saisons
Pour voyager vers d’autres latitudes ou horizons.Durant ces 730 jours, avant cette date de ta fin d’activité,
Julia, j’ai réfléchi sur ces trente-cinq ans de mariage,
Et je voudrais te dire que durant toutes ces années,
Notre couple a subi des tempêtes et des orages.
Combien de fois tu m’as exaspéré avec ton caractère,
Tu voulais toujours avoir le dernier mot, ma chère,
Je préférais nettement être dans mon atelier
Plutôt que de t’entendre râler, marmonner.
Combien de fois, après une journée de travail ou de repos solitaire,
Je m’approchais de toi pour un instant de tendresse
Mais toi, fatiguée par une longue journée de stress,
Tu te réfugiais dans tes dossiers de femme d’affaires.Le soir, ton plaisir, c’était de bouquiner tardivement,
Le soir, mon plaisir, c’était de te câliner tendrement,
Mais toi, Julia, tes mots négatifs revenaient sans cesse,
« J’ai pas envie, j’suis fatiguée, arrête, tu me stresses »
Combien de fois j’ai failli tout envoyer en l’air
L’amour que j’avais pour toi a fini par se taire,
Je n’avais plus envie de faire des efforts,
Tu ne connais pas cette phrase, qui n’est pas un sort
« Profitons de la vie avant que la mort nous rattrape »Julia, la vie n’est pas faite que de tristesse et d’ennui,
Le bonheur existe, essayons de l’entreprendre
Partageons de ces câlins le jour, la nuit
Avant que le feu ne détruise ce cercueil en cendres.Si les années continuent ainsi
Je rigolerai de te voir pleurer du paradis
Nous n’avons qu’une seule vie
Alors, pendant qu’il est encore temps
Profitons, profitons des instants présents,
Faisons de la tendresse notre principal acte de vivant.— Gilles Suresnes
Questions fréquentes sur l’oubli amoureux et ces poèmes
Comment oublier quelqu’un qu’on aime encore ?
Il n’existe pas de méthode qui fonctionne pour tout le monde, et les poèmes de ce recueil le montrent bien : presque tous annoncent « j’oublierai » avant de reconnaître que ça ne marche pas. Ce qui aide souvent, c’est de ne pas lutter contre le souvenir mais de lui donner une forme, en l’écrivant, en le lisant à voix haute ou en le confiant à quelqu’un. Les textes « Passé » et « Laisse moi oublier » en sont deux exemples.
Pourquoi n’arrive-t-on pas à oublier un amour passé ?
Parce qu’un amour ne s’efface pas, il se range. Les lieux, les odeurs, les dates le ramènent sans prévenir. C’est exactement ce qui arrive dans « Oubliée » : le paysage derrière la vitre suffit à rouvrir tout ce qu’on croyait enterré. Ce n’est pas un échec, c’est le signe que l’histoire a compté.
Peut-on aimer quelqu’un et vouloir l’oublier en même temps ?
Oui, et c’est même l’une des situations les plus courantes après une rupture. Dans « Laisse moi oublier », la voix dit « j’veux pas qu’tu partes » puis « j’veux plus te voir » dans la même strophe. Aimer et vouloir se protéger de cet amour ne sont pas contradictoires, ils coexistent souvent longtemps.
Que veut dire « Ne m’oublie pas » dans un poème d’amour ?
C’est à la fois une supplique et une manière de dire « j’ai existé pour toi ». L’expression rappelle aussi le myosotis, la petite fleur bleue dont le nom anglais, « forget-me-not », porte le même message. Dans les deux poèmes de ce recueil qui portent ce titre, la phrase finale sert de dernière demande adressée à celui qui part.
Quel poème envoyer à quelqu’un pour lui dire de ne pas nous oublier ?
Le « Ne m’oublie pas » du poème de la clef du cœur est le plus simple et le plus doux à partager, car il dit l’essentiel sans reproche. Pour un message plus tendre encore, « Le temps passe » convient à quelqu’un qu’on aime et qu’on veut remercier avant qu’il soit trop tard.
Combien de temps faut-il pour oublier une rupture ?
Aucune durée ne vaut pour tout le monde. Le poème « À la mémoire du vent » parle de quatre ans, et ce n’est pas trop long pour son auteur. Si la douleur vous empêche de dormir, de travailler ou de manger depuis longtemps, n’hésitez pas à en parler à un proche ou à un professionnel de santé.
Oublier ou se souvenir : ce que ces poèmes finissent par dire
Au bout de ces 18 poèmes, une chose revient : on n’oublie pas vraiment, on apprend à porter le souvenir autrement. Certains choisissent la colère, d’autres la tendresse, d’autres encore de dire « je t’aime » à temps. Si l’un de ces textes vous a touché, partagez-le avec quelqu’un qui en a besoin, enregistrez cette page pour y revenir, et dites-nous en commentaire quel poème vous a le plus parlé.
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