Corpus des Poètes

Le grand répertoire numérique des textes poétiques


Poèmes courts sur la mort — une sélection de textes percutants et émouvants

Poésie  ·  Deuil  ·  Mémoire

Parce que les mots les plus simples sont parfois les plus forts. Douze poèmes brefs, choisis pour leur charge émotionnelle, leur lisibilité à voix haute et leur beauté nue — pour une cérémonie, une carte de condoléances, ou simplement pour traverser le deuil.

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Petits poèmes et poésie courte sur la mort
Poèmes courts sur la mort ou le deuil pour vos funérailles

Face à la perte, les discours s’épuisent. Ce que l’on cherche alors, c’est un texte court sur la mort — quelques vers qui disent l’essentiel sans avoir besoin de tout expliquer. Ces poèmes ont été sélectionnés pour leur longueur maîtrisée (8 à 16 vers), leur lisibilité à voix haute lors d’une cérémonie funèbre, et leur capacité à toucher sans blesser. Certains parlent d’un grand-père disparu trop tôt, d’un enfant dont la lumière s’est éteinte, d’une chambre où il reste encore l’empreinte de quelqu’un. D’autres s’élèvent vers une philosophie apaisée de la fin. Tous peuvent être copiés sur une carte de condoléances, lus en quelques secondes devant une assemblée, ou simplement gardés pour soi, comme on garde une bougie allumée.

Section I

Poèmes courts pour une cérémonie ou un enterrement

Ces poèmes brèvement ciselés peuvent être lus à voix haute en moins d’une minute. Ils conviennent aussi bien à une cérémonie religieuse que laïque, et touchent juste sans alourdir la douleur collective.

Poème 01

Les silences du cœur — une étoile dans la nuit

16 vers · Idéal pour une cérémonie · Lecture ≈ 45 secondes. La solitude qui suit le deuil y est rendue avec une délicatesse rare. Le poème se clôt sur une image lumineuse — « une étoile dans ta nuit » — qui apporte une douceur consolatrice au moment le plus difficile.

Les silences du cœur

— Ophélia

La solitude où je m’enfonce
Jour après jour, aux creux
des nuits,

De ce doux nom que je prononce
L’écho lui même s’est enfui.

De mon pauvre cœur qui hésite
À ne jamais trouver la paix :
Du rêve l’éternelle fuite,
Des souvenirs l’âpre regret,

M’éloignent chaque jour un peu plus
De cet univers où jadis
Chaque parfum jasmin ou lys,
Enivrait nos deux cœurs confondus.

Sous cette pierre où tu reposes,
À jamais pour vaincre l’oubli,
Que chaque pétale de rose
Soit une étoile dans ta nuit.

Ce poème pose la solitude comme un paysage intérieur — un espace que l’on n’a pas choisi, mais que l’on apprend à traverser. Le suivant entre dans ce même paysage, mais par la porte du corps : une chambre, un tissu de nuit, une présence encore palpable dans les derniers instants d’une vie. Pour ceux qui cherchent un poème pour un enterrement qui ne soit pas trop austère, ces deux textes forment une ouverture naturelle.

Poème 02

Deuil — la veillée en quelques mots

14 vers · Idéal pour une cérémonie ou une veillée · Lecture ≈ 40 secondes. Un poème qui se lit comme une prière silencieuse au bord du corps de l’être aimé. Chaque image — le givre, la robe, les fenêtres à peine ouvertes — restitue avec une précision bouleversante l’ambiance d’une veillée funèbre.

Deuil

— Patric Mouth

Le silence de tes mains immobiles
cette beauté d’absence, de regret
un flocon qui ressemble aux plumes

des oiseaux de la mort
ils ont des becs jaunes qui tapent aux carreaux
de petits coups qui grincent
et crissent comme le gravier
sous les pas en hiver

cette couche toute de nuit rose
où tu reposes encore
le givre tisse des toiles de diamant
aux fenêtres à peine ouvertes
le fard du ciel assombrit tes paupières
les jours d’hier se dessinent doucement
dans l’écrin palpitant de mon cœur

je ne suis que regard, attente, ivresse
un vent frais qui fait flotter ta robe
dans la pénombre d’un jour à demi vivant
je ne suis que triste prière
à ton corps endormi.

De la veillée publique, nous glissons vers les mots que l’on n’a jamais dits — ces regrets intimes que l’on emporte longtemps après les funérailles. Le deuil d’un grand-père, d’un papi que l’on aimait en silence, mérite ses propres vers.

Section II

Poèmes courts pour une carte de condoléances

Trouver les bons mots pour une carte de condoléances est souvent paralysant. Ces poèmes brèvements écrits font le travail à votre place : ils disent la compassion, le souvenir et la tendresse sans jamais verser dans le pathos.

Poème 03

À mon papi — les regrets que l’on n’a pas dits

13 vers · Parfait pour une carte de condoléances · Lecture ≈ 35 secondes. Ce petit poème sur la mort d’un grand-père touche à l’universel : le regret de ne pas avoir dit « je t’aime » assez tôt. Sa simplicité sincère en fait l’un des plus adaptés pour accompagner un message de condoléances.

À mon papi

— Émilie

Toi à qui je n’ai jamais dit « je t’aime »
Je me rends compte aujourd’hui de la valeur
des mots.

Je sais que nous n’avons jamais été proches
Mais rien qu’un peu de tendresse
Aurait pu faire naître en toi un sourire
Et tu aurais su que tu comptais pour moi.
Tu es le premier qui me fait prendre conscience
D’une chose terrible qu’est « la mort »
Chaque jour je t’aimais un peu plus
Mais tu es parti trop tôt pour entendre
Tous les mots que j’aurais pu un jour
Avoir le courage de te dire.
Tu n’es aujourd’hui plus de ce monde
Mais vivras toujours dans mon cœur.

La mort d’un grand-père laisse toujours cette question suspendue : pourquoi ne l’a-t-on pas dit plus tôt ? Le poème suivant aborde une perte encore plus déchirante — celle d’un enfant — mais avec la même tendresse lumineuse, en cherchant la consolation dans l’image de l’étoile qui continue de briller. Pour ceux qui traversent le deuil d’un enfant, nos poèmes sur la mort d’un enfant offrent un espace de recueillement dédié.

Poème 04

Pour un petit garçon — la lumière n’est qu’en allée

12 vers · Pour une carte de condoléances ou une cérémonie · Lecture ≈ 35 secondes. Écrit pour consoler une mère après la mort de son fils en bas âge, ce poème court sur la mort d’un enfant transforme la déchirure en lumière. La métaphore de l’étoile qui « n’est qu’en allée » est l’une des plus belles de la poésie funèbre francophone.

Pour un petit garçon…

— Rolande Bergeron

Un enfant s’annonce
C’est un astre qui s’allume
Dans le cœur des hommes

Le ciel des hommes est tout chambardé
Leurs étoiles mettent la voile
Des fils de la Vierge il faut trouver
Il y a un nid à tisser

Un petit garçon naît
L’astre se fait chair
Pour le bonheur des hommes

L’astre qui luit dans leurs cœurs
Et l’enfant aux mains de chair
Les deux faces du même don des dieux

Un petit garçon retourne d’où il est chû
Et le ciel des hommes est tout chambardé
Un trou noir a avalé l’étoile inouïe
Qui brilla le temps de trois étés

Mais sa lumière n’est pas perdue
Elle n’est qu’en allée…

Après l’étoile filante de l’enfant, voici le souffle rauque et tendre d’une petite-fille qui regarde son grand-père partir. Un texte écrit depuis la douleur vraie, sans filtre poétique — ce qui en fait l’un des plus touchants de cette sélection.

Poème 05

Je ne pleure pas — l’adieu au grand-père

14 vers · Parfait pour une carte de condoléances · Lecture ≈ 40 secondes. Un poème court sur la mort d’un grand-père qui dit avec une franchise désarmante ce que beaucoup ressentent sans oser l’avouer : on savait, on a fermé les yeux, et pourtant ça fait mal. Authentique et immédiat.

Je ne pleure pas…

— Pauline

Toi mon très cher Papi
Qui est parti

Je le savais
Que t’allais nous quitter
Car petit à petit le tabac t’avait achevé

T’avais déjà pendant huit ans été sauvé
Du cancer qui te rongeait
De la tête au pied

Tu me faisais de la peine
Quand pour monter les escaliers tu étais hors d’haleine

Je le savais que t’allais nous laisser
Mais mes yeux j’ai fermés
Pour me cacher la vérité

Je ne pleure toujours pas extérieurement
Mais peut-être intérieurement
C’est la guerre entre mes sentiments

La guerre intérieure entre les larmes retenues et le chagrin réel — voilà ce que ce poème nomme avec une rare honnêteté. Pour répondre à cette tension entre douleur et silence, le poème suivant propose une autre voie : celle de la transformation, du corps qui se fond dans la terre et continue de nourrir les vivants.

« Sa lumière n’est pas perdue. Elle n’est qu’en allée… »

Rolande Bergeron, Pour un petit garçon

Poème 06

L’Urne — l’âme dans le souffle du vent

8 vers sélectifs · Pour une carte de condoléances ou un discours de cendres · Lecture ≈ 25 secondes. Ce poème sur la crémation et l’urne funéraire est l’un des plus originaux de la poésie funèbre française. Le défunt y parle à ceux qu’il aime, promettant de revenir dans les arbres fruitiers, le vent d’été et même dans le vin des vignes. Un texte consolateur et vivifiant à la fois.

L’Urne

— Bruno Alexandre

Quand l’urne funèbre vous rapporterez,
Libre par tout le volatil
Mais encore prisonnier par le minéral

Mes pensées désintégrées vous pleurerez.

Quand le seuil de mon jardin franchirez
Vos larmes vous devrez sécher.
Comme à l’oiseau libéré de sa cage
Mes ailes au vent donnerez.

La terre que j’ai retournée, ensemencerai,
L’air qui la pénètre, féconderai.
Quand bientôt le printemps viendra,
Coucou dans la primevère je vous ferai.

Lorsque l’été de chaleur vous écrasera,
À l’ombre de mes arbres fruitiers
Les estivales senteurs humerez
Distillées par toutes mes sèves transformées.

Dans la pomme automnale que vous croquerez
Autour des pépins, de chair fine jouirez.
C’est une partie de mon corps que vous mangerez.

Et puis lors de vos voyages heureux
Dans les interminables vignes du Bordelais
Ou les modestes coteaux de Bourgogne
Un peu de mon sang boirez.

Que belle sera la vie dans l’ubiquité
De la lithosphère à l’atmosphère.
Je vous en offrirai mes bien aimés,
Tous les jours, l’eucharistie.

De la dispersion des cendres dans le jardin, nous entrons maintenant dans la chambre vide — cet espace où la présence de l’absent se lit encore dans les draps froissés. Un poème court sur la mort d’un être cher qui dit l’empreinte laissée par ceux que l’on aime.

Section III

Poèmes courts sur la mort d’un être cher

Ces vers s’adressent à ceux qui ont perdu un proche — un père, une mère, un ami, un soldat. Ils ne cherchent pas à consoler trop vite. Ils laissent la place à la douleur, tout en murmurant que quelque chose, quelque part, continue.

Poème 07

La chambre silencieuse — l’absent qui reste présent

12 vers · Idéal pour un hommage à un proche disparu · Lecture ≈ 30 secondes. Quelques lignes qui saisissent avec une précision émouvante ce moment où l’on entre dans la chambre de l’absent et que son corps n’y est plus, mais que sa présence, elle, perdure. Écrit « en souvenir aux soldats tombés au combat », ce texte touche à l’universel du deuil.

La chambre silencieuse

— Laudith

La chambre est silencieuse
L’ambiance mystérieuse
Dans le lit encore froissé

Ton empreinte est restée
La forme de ton corps
Plus forte que la mort
Me parle encore de toi
Des rires, des peines, des joies
Fils, mari et papa
Qu’on ne reverra pas
La porte s’est fermée
Sur tes vingt-neuf années

La chambre vide. La porte fermée sur vingt-neuf ans de vie. Ces images hantent longtemps ceux qui restent. Nos poèmes pour la mort d’un père et nos poèmes pour la mort d’une mère offrent d’autres mots pour traverser cette perte-là. Mais d’abord, voici un texte plus contemplatif — celui d’un homme qui, à son dernier souffle, sourit.

★ ★ ★

La mort n’a pas un seul visage. Elle peut être déchirure ou apaisement, cri ou silence. Les poèmes qui suivent s’aventurent du côté de la sagêsse — ces textes courts et philosophiques qui aident à regarder la fin en face, sans détour.

Section IV

Poèmes courts et philosophiques sur la mort et la vie

Ces poèmes ne consolent pas directement — ils interrogent. Ils posent la mort en face et lui demandent ce qu’elle signifie pour les vivants. Une lecture idéale pour ceux qui cherchent un texte qui pense autant qu’il émeut.

Poème 08

À mon dernier soupir — mourir en souriant

24 vers en 6 strophes · Lecture à voix haute : 1 minute · Quatre vers finaux saisissants. Un poème testamentaire d’une rare sérénité. L’auteur y décrit l’idéal d’une mort consciente et bien vécue — entouré de ceux qui ont aimé, les yeux tournés vers le ciel par la fenêtre. Un texte qui peut accompagner une cérémonie d’hommage ou être lu lors d’une inhumation.

À mon dernier soupir

— Philistin Panger

À mon dernier soupir,
je rêve de cet instant
où je pourrai sourire
à ceux qui seront présents.

Sur mon lit, épuisé
je veux voir le sourire
de ceux qui m’ont aimé
et qui ont pu venir.

J’abandonnerai une larme
coulant sur l’oreiller
prouvant tout le charme
d’avoir été aimé.

Puis je chercherai mes mots.
À ceux qui m’écouteront,
je dirai « C’est beau ! ».
Et d’autres larmes couleront.

Le silence et le soleil
pour seul vêtement
je regarderai le ciel
par la fenêtre un instant.

Puis je sourirai encore
avant mon départ,
avant cette belle mort,
qu’aujourd’hui je prépare.

Car j’aurai fait le tour de mes pensées
et les aurai toutes exprimées
J’aurai fait le tour de mes envies
et les aurai toutes assouvies
Et j’aurai fait le tour de mes joies
et les aurai vu en éclats.

À mon dernier soupir,
je sais qu’à cet instant
je pourrais sourire
d’avoir été vivant.

Sourire d’avoir été vivant — c’est peut-être la plus belle définition d’une vie bien vécue. Le texte suivant aborde la même question, mais par un chemin plus sombre : celui de quelqu’un qui regarde la mort de face et choisit, au dernier moment, de rester du côté des vivants.

Poème 09

Bientôt — accepter sa propre disparition

20 vers · Poème testamentaire · Lecture ≈ 55 secondes. Un poème court sur la mort de soi-même — rare en poésie funèbre. L’auteur y écarte les rites pour ne garder que l’essentiel : les larmes de l’enfant, la glaise, les parfums. Une méditation bouleversante sur l’acceptation de la fin.

Bientôt

— Franz Seguin

Quand je disparaîtrai,
ne plantez pas de saule au cimetière
je ne veux pas de primevère
sur la tombe où je dormirai

Le cœur assassiné
à assécher les larmes de l’enfance
pour consacrer sa délivrance
ne chantez pas Dies Irae

Point de pompes célèbres
point de cercueil aux chênes mordorés
point de satins barriolés
point de péroraisons funèbres

Mais du feu et du feu !
pour qu’il ne reste plus de moi que cendres
et vos mains viennent me répandre
grises des poussières d’adieu

Sur la tombe adorée
de celle qui trop tôt fut arrachée,
parmi cette herbe délavée
sous cette pierre délaissée

Et puis laissez couler
vos pleurs pour infiltrer enfin sous terre
les yeux de cet enfant-rivière
et sous les glaises retrouver

Les parfums de son corps
que j’aurai tant cherchés
et pleurés en vain si longtemps

Ni saule, ni catafalque — juste du feu et des larmes. Ce texte nous rappelle que la mort peut être envisagée comme une libération choisie, une instruction donnée à ceux qui restent. Le poème suivant pousse encore plus loin cette idée : la mort comme présence trouble, presque séduisante, avant que la voix d’un vivant ne rappelle le poète au monde.

Poème 10

Pensée mortelle — face à notre propre fin

24 vers · Poème philosophique · Lecture ≈ 1 minute. La mort y est décrite dans ses deux visages — tragique et sage — avant que l’amour ne suspend la chute. Un vers sur la mort émouvant et nuancé, idéal pour un recueil personnel ou une lecture introspective.

Pensée mortelle

— Cécile

La mort a deux visages :
l’un tragique, l’autre sage.
Mourir de vieillesse
après une paisible existence
ou mourir de faiblesse
après une trop longue souffrance,
telle sera notre fin
décidée par le destin.
Pour s’adonner à l’inconnue
il faut avoir bien vécu,
car défier le bonheur
en accélérant sa fin
n’apporte que malheur,
solitude et chagrin.
Mais quelle séduisante libération…
Terminées agressions et déceptions
de ce monde de haine et de violence
fait d’illusions et d’apparences,
grâce à cette dame en noir,
dont le nom est à peine cité…
Tel est mon exutoire
Telle est mon éternité…
J’aimerais qu’elle m’emmène
avec une agréable lenteur
dans ses profonds domaines
emplis d’une douce chaleur…
Mais stop ! rupture…
un langoureux murmure…
Un homme, un mot doux, un plaisir,
ta main caressant ma joue, un désir…
J’ouvre les yeux, tu es là,
et soudain je m’aperçois
que ce n’étaient que divagations,
ce n’était qu’une impression,
enfin… je crois…

L’amour qui rappelle à la vie — c’est la conclusion naturelle d’un voyage à travers la mort. Mais il reste un dernier format à explorer : les poèmes ultra-courts, quatre à huit vers, où chaque mot pèse son poids d’éternité.

Section V

Poèmes très courts — 4 à 8 vers seulement

Parfois, une carte de condoléances n’a de place que pour quatre lignes. Ces quatrains et octavins condensent toute la profondeur d’un deuil dans le moins de mots possible — sans rien sacrifier de l’émotion.

Poème 11

Les âmes mortes — papillons dans le vent du souvenir

12 vers en 3 tercets · Lecture ≈ 30 secondes. Un poème sur les souvenirs des disparus qui évoque les « âmes mortes » comme des papillons volant dans le présent. L’image est poignante et directement utilisable dans un message de deuil.

Les âmes mortes

— Olivier Werbrouck

Souvenirs, souvenirs, les âmes mortes du passé
Comme des tableaux accrochés aux murs du temps
Renaissent des cendres, des soleils de glace émergeant
Du néant, dans l’ombre de l’oubli, demeurent figés.

Les âmes mortes, comme des papillons volent dans le vent
Elles voyagent dans le présent et dès le levant
Le gouffre infernal de l’éternelle nuit, en plongeant
Dans le néant, ouvre la porte aux vivants.

Les âmes mortes des mots, dans l’océan des rêves infernaux
Disparaissent, quand le spectre de la vie hante l’esprit
Du monde, les souvenirs se bousculent, le mépris
Et la haine ne peuvent troubler les âmes mortes des mots.

Les âmes mortes des mots — une formule magnifique pour dire que ce qui a été dit, écrit, aimé, ne disparaît pas vraiment. Pour ceux qui veulent garder vivante la mémoire d’un proche, notre sélection de poèmes de deuil pour rendre hommage propose d’autres textes dans ce registre.

Poème 12

Remember — message du disparu aux vivants

13 vers · Quatrain final saisissant · Lecture ≈ 30 secondes. Un poème funèbre court qui donne la parole à la mort elle-même — ou plutôt à sa présence spectrale. Dense, imaginé, sombre et beau. L’ultime vers « Éclaircie pastel d’un bleu lagon… Une autre Vie… » ouvre une brèche de lumière au cœur des ténèbres.

Remember…

— Samuel Balou

Vague cristalline démon au rictus facial,
vague cristalline d’un dernier souffle glacial,

qu’emportent nos voix, nos essences vitales,
qu’importe le choix d’une errance bestiale…

Vitraux funèbres scrutant le monde à nu,
rideau de ténèbre recouvrant la vue,
velours sombre vaporeux ondulant au vent,
contour d’ombres, silencieux, déplacement lent.

IL rôde… guête sa proie, dévore le temps,
comme une bête carnivore assoiïée de sang,
glisse, flotte, vole, traque le râle d’agonie,
abysse de la morte, attaque spectrale de la nuit.

L’âme en feux destination gouffre avide.
Les yeux rouges fauve la faucille rapide,
rattrape et dompte, détrousse… Vorace…
Au bout du compte, il les a tous… fatalitas…

Éclaircie pastel d’un bleu lagon… Une autre Vie…

Une autre Vie — c’est sur cette promesse que s’achève cette traversée poétique du deuil. Chaque texte ici a été choisi pour vous accompagner dans un moment précis : une cérémonie, une carte, un silence à remplir. Lisez-les comme on allume une bougie — lentement, avec intention. Et si vous cherchez d’autres mots pour accompagner la perte d’une maman décédée ou pour consoler votre propre tristesse, nos autres sélections vous attendent.

Section VI

Comment utiliser un poème court — 5 situations concrètes

Un beau texte ne suffit pas toujours : encore faut-il savoir quand et comment s’en servir. Voici cinq contextes où un petit poème sur la mort peut faire toute la différence.

1. Sur une carte de condoléances. Choisissez un poème de 8 à 12 vers maximum. Copiez-le après votre message personnel, en italique si possible. « À mon papi » (Emilie), « La chambre silencieuse » (Laudith) ou « Les silences du cœur » (Ophélia) sont parfaits pour cet usage.

2. Lors d’une cérémonie funèbre ou un enterrement. Un poème lu à voix haute dure entre 30 et 90 secondes. Choisissez un texte que vous pouvez lire sans vous interrompre pour pleurer — répétez-le deux fois à l’avance. « À mon dernier soupir » ou « L’Urne » conviennent remarquablement pour une lecture en cirémonie de 50 secondes.

3. Dans un discours ou un éloge funèbre. Insérez le poème en milieu ou en fin de discours, après vos propres mots. Il agit comme une clôture émotionnelle et donne au public un moment de souffle collectif.

4. Sur une pierre tombale ou une plaque commémorative. Pour une inscription, préférez un distique ou un quatrain. Extrayez les deux derniers vers de « Pour un petit garçon » (« Mais sa lumière n’est pas perdue / Elle n’est qu’en allée… ») ou la chute de « Les silences du cœur ».

5. Dans un faire-part de décès. Un poème bref peut figurer au bas du faire-part, après les informations pratiques. Il personnalise le document et laisse une empreinte émotionnelle durable chez ceux qui le reçoivent.

FAQ

Questions fréquentes sur les poèmes courts sur la mort

Quel poème court choisir pour une carte de condoléances ?

Pour une carte de condoléances, privilégiez un poème de 8 à 14 vers au maximum, au ton doux et réconfortant. « À mon papi » d’Émilie, « Les silences du cœur » d’Ophélia et « La chambre silencieuse » de Laudith figurent parmi les plus adaptés de cette sélection. Lisez le poème à voix haute avant de l’écrire : si votre voix se brise, c’est souvent le bon signe.

Peut-on lire un poème court lors d’un enterrement ?

Oui, et c’est même une tradition profondément humaine. Un poème lu à voix haute lors d’une cérémonie funèbre dure entre 30 secondes et 1 minute 30 — un temps court qui suffit à créer un moment de recueillement collectif. « Bientôt » (Franz Seguin) ou « À mon dernier soupir » (Philistin Panger) sont particulièrement adaptés pour ce cadre.

Quelle est la différence entre un poème funèbre et un poème de deuil ?

Un poème funèbre est généralement lu lors des obsèques — il accompagne le geste collectif de l’adieu. Un poème de deuil, lui, est plus intime : il accompagne le travail long et solitaire du deuil, parfois des semaines ou des mois après la perte. Tous deux ont leur place, mais pas au même moment. Notre sélection de poèmes de deuil traite spécifiquement de cette dernière catégorie.

Comment trouver un quatrain sur la mort pour une inscription ?

Un quatrain est un poème de quatre vers — la forme idéale pour une inscription sur une pierre tombale, une plaque ou un bijou funéraire. Dans cette sélection, les deux derniers vers de « Pour un petit garçon » (« Mais sa lumière n’est pas perdue / Elle n’est qu’en allée… ») ou la strophe finale de « Les silences du cœur » (« Que chaque pétale de rose / Soit une étoile dans ta nuit ») sont particulièrement adaptés à cet usage.

Existe-t-il des poèmes courts sur la mort d’un ami ?

Plusieurs poèmes de cette sélection — « La chambre silencieuse », « Les silences du cœur » ou encore « Remember » — peuvent s’appliquer à la perte d’un ami autant qu’à celle d’un proche de la famille. La poésie funèbre ne fait pas de hiérarchie entre les amours : un ami perdu laisse le même vide, mérite les mêmes mots.

Ces poèmes courts ont été écrits pour que vous ne soyez pas seul face au silence

Le deuil isole. Les mots rassemblent. Chaque texte de cette sélection peut servir d’espace de recueillement — une bougie que l’on allume avec des mots plutôt qu’avec une flamme. Si l’un de ces poèmes vous a touché, partagez-le avec quelqu’un qui en a besoin. Et si vous souhaitez continuer ce chemin poétique, nos sélections sur la tristesse et sur le deuil vous attendent, avec la même intention : vous accompagner, sans vous presser de guérir.



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