Poème pour papa décédé : 5 textes pour dire adieu à son père
Quand on cherche un poème pour papa décédé, on ne cherche pas vraiment de la littérature. On cherche une phrase qui tienne debout là où les nôtres s’effondrent : devant le cercueil, le soir de son anniversaire, ou des années plus tard en passant près d’un endroit qu’il aimait.
Voici cinq poèmes sur la mort d’un père, rangés dans l’ordre où le deuil se traverse souvent : la douleur brute, l’absence, le recueillement, la quête, puis la gratitude. Lisez-les d’une traite ou allez droit à celui qui vous ressemble. Certains se prêtent bien à une lecture à voix haute lors d’un hommage, d’autres sont faits pour le silence.
Sommaire :
Un poème pour papa disparu trop tôt : quand son anniversaire se fête sans lui
Habillée de noir, une fille écrit à son père parti avant l’âge. Pas de grande envolée : une voix qui tremble, et qui tient quand même.
« Papa » — Élodie Molina
Toute de noir vêtue
Je t’écris cet hommage
Toi mon père perdu
Parti bien avant l’âge.Sans fin je te languis
À toi je me raccroche
Tant de soirs j’ai envie
De tenter une approche.Tenir coûte que coûte
Tenir pour ceux que j’aime
Pour ton frère, nul doute,
Mais la distance peine.Tes soixante-deux ans
Je « fête » en solitaire
Mon cœur clame, brûlant,
Joyeux anniversaire.
Ce poème s’arrête sur une date, et c’est peut-être pour cela qu’il touche autant : les anniversaires, les fêtes, les petits rendez-vous qu’on ne peut plus honorer. Le mot « approche » dit tout, cette envie de se rapprocher de quelqu’un qu’on ne peut plus atteindre. Si vous cherchez d’autres textes dans cet esprit, voici une sélection de poèmes de deuil. Le texte suivant remonte plus loin, jusqu’à l’enfance.
Perdre son père enfant : un poème sur l’absence qui marque toute une vie
Yves Brillon évoque un jour où le monde s’est retourné, alors qu’il était tout petit. Le poème est court, et il ne laisse pas beaucoup de place pour respirer.
« Ce jour-là » — Yves Brillon
Je suis un souvenir
par les temps épargné
un étang de nénuphars
que la neige a désolé
jadis le jour s’est mis à l’envers
son esquif a chaviré dans la nuit
il a vite sombré dans la mer
alors que j’étais tout petit
l’absence a usurpé ma vie
elle a défleuri mon jardin
ce jour-là les astres m’ont trahi
en fracassant mon destin.
Perdre son père à cet âge, c’est grandir avec un vide qu’on n’a pas choisi et qu’on ne sait pas encore nommer. Le poète ne dit pas « j’ai perdu mon père » : il dit « je suis un souvenir », comme si c’était lui qui avait été laissé derrière. Quand la douleur est ancienne, elle a parfois besoin d’un autre lieu pour se poser. Le poème suivant nous emmène dans un cimetière.
Aller sur la tombe de son père : un poème de recueillement et de mémoire
Alain Bentolila imagine sa visite au « jardin des morts ». Ce n’est pas un poème de larmes, plutôt celui d’un homme qui s’avance à pas lents vers un nom gravé dans la pierre.
« Le jardin de pierres » — Alain Bentolila
Un jour demain plus tard il sera toujours l’heure
J’irai chez lui là-bas dans le jardin des morts
La barque des vivants est noyée de douleurQuand ceux qui sont partis la laissent dans le port
Lorsque mes souvenirs surgiront comme l’eau
Du fond de son silence une voix renaîtra
Puis je verrai bouger ce lancinant tableau
Et tout ce qui n’est plus me réapparaîtraL’histoire de sa vie berceau de mon enfance
Coulera doucement dessus sa tombe noire
Et si de son passé je n’ai que l’ignorance
Le nom qu’il m’a donné est toute sa mémoireJe fermerai les yeux ébloui de lumière
Et quand j’aurai compris des choses le mystère
Caché dans le secret du plus profond des pierres
Je quitterai ce lieu où repose mon père.
Un détail frappe dans la strophe centrale : le poète dit qu’il ne connaît presque rien du passé de son père. Il lui reste son nom, et ce nom suffit à faire de lui un héritier. Ce texte se lit sans peine à voix haute, ce qui en fait un bon candidat pour une cérémonie : vous en trouverez d’autres dans notre sélection de poèmes pour un enterrement. Après la tombe, il y a ce qu’on continue de chercher dehors, partout, comme un père qui serait seulement en train de marcher plus loin.
Retrouver son père dans la nature : un poème de deuil au bord de la mer
Guy Rancourt marche dans un champ au bord de la mer et croit reconnaître son père dans le paysage. Un long poème, contemplatif, qui avance comme une promenade.
« Des épilobes, des champs, de la mer » — Guy Rancourt
Qui est donc ce noble vieillard à barbe blanche
Marchant dans les champs d’épilobes près de la mer
Et souriant sous les caresses du noroît ?Je suis seul et désemparé
Je piétine en vain cette talle d’épilobes
Et je toise avidement du regard
Les champs verts tout près
Je lorgne la mer bleue au loin
Et plus loin encore
Les rives effacées de la Côte-Nord…Que vois-je ?
Je vois et contemple l’harmonie des couleurs
Que vis-je ?
Je vis et habite dans la tranquillité du paysage
Tant de silence et de beauté
Devant pareille scène champêtre !
Ce paysage paisible
Tout en coloris et fragrances
M’inspire et m’aspire
Vers l’ineffable sentier du souvenir…Ô mémoire ! Ô réminiscences !
Le poète titille de l’œil terre et mer
Scrute méticuleusement l’horizon bleuté
En quête de béatitude et de paix intérieure…
Le poète flaire les traces invisibles de son paternel
Qui s’est envolé discrètement dans le ciel
La veille d’un certain Noël…
Peut-être te caches-tu dans la brindille des épilobes
Ou dans l’écume tourbillonnante qui lèche le rivage désert ?
Peut-être te caches-tu dans l’œil du poète rêveur
Ou dans le cristallin de Dieu ?
Qui sait ?Où est donc ce père originel ?
Ce papa invisible ?
Ce padre envolé ?
De là-haut, est-ce bien toi
Qui observes amoureusement le ballet des épilobes ?
D’ici-bas, est-ce bien toi
Qui marches silencieusement dans les champs verts ?
De là-bas au loin, est-ce bien toi
Qui chevauches fièrement les moutons de la mer ?Malgré ton départ,
Malgré ton absence,
Malgré ton silence,
Malgré ton saut dans l’Infini,
C’est bien toi, mon petit papa
Et je te reconnais clairement sous les traits
De ce noble vieillard à barbe blanche
Marchant dans les champs d’épilobes près de la mer
Et souriant sous les caresses du noroît…
Le poème commence par une question et finit par une certitude. Entre les deux, le poète a cessé de chercher son père dans le ciel pour le reconnaître là où il se trouve : dans un vieil homme souriant, dans le vent, dans l’herbe. Beaucoup de personnes en deuil décrivent la même chose : un père qu’on croit apercevoir dans un détail du quotidien. Il reste un dernier texte à lire, et c’est le plus lumineux : celui de la reconnaissance.
Hommage à papa décédé : merci pour tout ce que tu m’as appris
Larbi Elhassani Elalaoui ne s’attarde pas sur la perte. Il écrit à son père une lettre de remerciement, simple et directe.
« À la mémoire de mon père » — Larbi Elhassani Elalaoui
Merci père pour tout
Tu m’as appris la vie
Être présent sur scèneAimer sans haine
Pardonner sans gêne
Surmonter les chaînes
Adoucir les peines.Pa, repose au paradis, toi
J’entends toujours ta voix
Tes conseils me sont voie
Et avec, j’ai fait mes choix.Demain la paix sera loi
L’égalité sera foi
L’amour sera roi
Et ma reconnaissance est pour toi.
Voilà où le deuil peut mener, sans qu’on l’ait cherché : au moment où l’on s’aperçoit que ses leçons sont toujours là. « J’entends toujours ta voix » n’est pas une façon de parler, beaucoup de personnes qui ont perdu leur père s’en rendent compte en prenant une décision difficile. Si ce poème vous a donné envie de lui dire adieu avec vos propres mots, ces poèmes sur l’adieu pourront vous inspirer.
Questions fréquentes sur les poèmes pour la mort d’un père
Quel poème choisir pour rendre hommage à son père décédé ?
Cela dépend du moment. Pour une cérémonie, « Le jardin de pierres » d’Alain Bentolila se lit bien à voix haute, et « À la mémoire de mon père » convient si vous voulez insister sur la gratitude. Pour un hommage plus intime, « Papa » d’Élodie Molina a une sincérité directe. Vous trouverez d’autres idées dans notre sélection de poèmes pour un enterrement.
Comment écrire un poème pour son père décédé ?
Il n’y a pas besoin de rimer. Partez d’un souvenir précis : une phrase qu’il répétait, un geste, un objet, une odeur de cuisine ou d’atelier. Écrivez ensuite à lui, avec « tu », comme dans une lettre. Les poèmes ci-dessus montrent que la simplicité marche mieux que les grandes formules.
Que dire à son père décédé ?
Ce qu’on n’a pas eu le temps de dire : merci, pardon, tu me manques. On peut le dire à voix haute, le noter dans un carnet ou le lire sur sa tombe. Un poème peut servir de point de départ quand les mots ne viennent pas.
Comment trouver les mots pour dire adieu à son père ?
Laissez-vous le temps. Lire les mots d’autres personnes, c’est déjà une façon de ne pas rester seul face à la douleur. Vous pouvez aussi parcourir ces poèmes sur l’adieu. Et si les larmes viennent, laissez-les venir.
La poésie peut-elle aider à traverser un deuil ?
Elle ne supprime pas la douleur, mais elle peut aider à la nommer. Lire un poème ou en écrire un donne une forme à ce qu’on ressent, et c’est parfois ce qui manque le plus. Si vous traversez un deuil difficile, cette sélection de poèmes de deuil peut vous accompagner. Si la tristesse devient trop lourde à porter seul, n’hésitez pas à en parler à un proche ou à un professionnel.
Existe-t-il des poèmes similaires pour la mort d’une mère ?
Oui, la perte d’une mère a elle aussi ses propres mots. Nous les avons réunis dans notre article poèmes émouvants pour la mort d’une mère.
Garder vivante la mémoire de son père
Ces cinq poèmes ne réparent rien, et aucun poème ne le peut. Ils disent seulement que d’autres ont cherché leur père dans un anniversaire, une tombe, un champ au bord de la mer, et qu’ils ont fini par le retrouver dans ce qu’il leur avait appris. Si l’un de ces textes vous a touché, envoyez-le à quelqu’un qui traverse la même épreuve. Et si vous cherchez d’autres mots pour nommer ce que vous ressentez, nos poèmes sur la tristesse vous attendent.
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