Poèmes courts sur la mort — Textes percutants et émouvants
Un poème court sur la mort ne cherche pas à tout expliquer. Il dit une chose, la dit juste, et laisse le silence faire le reste. C’est ce qu’on cherche quand les mots manquent : quelques vers à lire devant une assemblée, à recopier dans une carte de condoléances, ou à garder sous la main les soirs où l’absence pèse trop.
Cette sélection réunit 12 poèmes d’auteurs différents, de 12 à 35 vers. Les plus brefs se lisent en moins d’une minute, les plus méditatifs demandent deux minutes. On y croise un grand-père à qui l’on n’a pas dit « je t’aime », un petit garçon parti trop tôt, une chambre où le lit garde encore l’empreinte d’un corps, et des textes plus graves qui regardent la fin en face. Chaque poème est présenté avec sa longueur et l’usage qui lui va le mieux.
Sommaire :
Quel poème choisir selon l’occasion ?
- Pour une carte de condoléances : La chambre silencieuse (12 vers) ou À mon papi (14 vers).
- Pour une lecture à voix haute pendant une cérémonie : Les silences du cœur (20 vers) ou Deuil (20 vers).
- Pour la perte d’un grand-père : À mon papi ou Je ne pleure pas.
- Pour la mort d’un enfant : Pour un petit garçon.
- Pour une crémation ou des dernières volontés : Bientôt ou L’Urne.
- Pour réfléchir à la mort, sans consolation toute faite : À mon dernier soupir ou Pensée mortelle.
Poème pour un enterrement : « Les silences du cœur », des pétales devenus étoiles
20 vers · Pour une cérémonie ou un hommage à l’être aimé · Lecture : environ 1 minute 15
Ophélia écrit la solitude de celui qui reste, et un nom qu’on prononce sans que rien ne réponde. Le poème s’achève au bord de la tombe, avec une image qui apaise : chaque pétale de rose y devient une étoile pour la nuit de l’absent. Il s’adresse à un amour perdu, ce qui le rend très juste pour la mort d’un conjoint.
Les silences du cœur
La solitude où je m’enfonce
Jour après jour, aux creux des nuits,
De ce doux nom que je prononce
L’écho lui même s’est enfui.De mon pauvre cœur qui hésite
À ne jamais trouver la paix :
Du rêve l’éternelle fuite,
Des souvenirs l’âpre regret,M’éloignent chaque jour un peu plus
De cet univers où jadis
Chaque parfum jasmin ou lys,
Enivrait nos deux cœurs confondus.Sous cette pierre où tu reposes,
À jamais pour vaincre l’oubli,
Que chaque pétale de rose
Soit une étoile dans ta nuit.— Ophélia
Ce poème fait de la solitude un lieu qu’on n’a pas choisi mais qu’il faut bien traverser. Le suivant reste dans ce paysage, plus près du corps : une veillée, un givre à la fenêtre, quelqu’un qui repose encore. Si vous préparez des obsèques, notre sélection de poèmes pour un enterrement prolonge cette lecture.
Poème de veillée funèbre : « Deuil », les mains immobiles
20 vers · Pour une veillée ou une lecture intime · Lecture : environ 1 minute 15
Patric Mouth écrit au chevet d’un corps endormi. Tout passe par les sens : le givre sur les vitres, les petits coups des oiseaux contre les carreaux, la robe qui flotte dans la pénombre. Le texte se lit comme une prière sans mots religieux, faite de regard et d’attente.
Deuil
Le silence de tes mains immobiles
cette beauté d’absence, de regret
un flocon qui ressemble aux plumesdes oiseaux de la mort
ils ont des becs jaunes qui tapent aux carreaux
de petits coups qui grincent
et crissent comme le gravier
sous les pas en hivercette couche toute de nuit rose
où tu reposes encore
le givre tisse des toiles de diamant
aux fenêtres à peine ouvertes
le fard du ciel assombrit tes paupières
les jours d’hier se dessinent doucement
dans l’écrin palpitant de mon cœurje ne suis que regard, attente, ivresse
un vent frais qui fait flotter ta robe
dans la pénombre d’un jour à demi vivant
je ne suis que triste prière
à ton corps endormi.— Patric Mouth
Après la veillée, on rentre chez soi, et c’est là que la perte devient concrète. Le poème suivant pousse la porte d’une chambre que personne n’ose encore ranger.
« La chambre silencieuse » : un poème court sur l’absence d’un proche
12 vers · Idéal pour une carte de condoléances · Lecture : environ 45 secondes
C’est le plus bref de la sélection, et l’un des plus précis. Laudith regarde le lit encore froissé, l’empreinte laissée par un corps, et énumère ce que celui qui est parti était : un fils, un mari, un papa. Les vingt-neuf années du dernier vers donnent au texte une retenue qui serre la gorge. Il convient surtout à la perte d’un homme jeune.
La chambre silencieuse
La chambre est silencieuse
L’ambiance mystérieuse
Dans le lit encore froisséTon empreinte est restée
La forme de ton corps
Plus forte que la mort
Me parle encore de toi
Des rires, des peines, des joies
Fils, mari et papa
Qu’on ne reverra pas
La porte s’est fermée
Sur tes vingt-neuf années— Laudith
Une porte fermée sur une vie entière, et ceux qui restent dans le couloir. Si c’est un parent que vous pleurez, nos textes sur la mort d’un père et la mort d’une mère donnent d’autres mots. Le poème qui vient parle d’un grand-père, et de tout ce qu’on remet à plus tard.
Poème sur la mort d’un grand-père : « À mon papi », les mots jamais dits
14 vers · Parfait pour une carte de condoléances · Lecture : environ 50 secondes
Émilie n’était pas proche de son grand-père, et c’est précisément ce qui rend son texte universel. Elle avoue ce que beaucoup n’osent pas dire : ce « je t’aime » jamais prononcé, la tendresse qu’elle aurait voulu lui donner, la mort qui arrive trop tôt pour qu’on la rattrape. La simplicité du ton convient très bien à un message de condoléances.
À mon papi
Toi à qui je n’ai jamais dit « je t’aime »
Je me rends compte aujourd’hui de la valeur des mots.Je sais que nous n’avons jamais été proches
Mais rien qu’un peu de tendresse
Aurait pu faire naître en toi un sourire
Et tu aurais su que tu comptais pour moi.
Tu es le premier qui me fait prendre conscience
D’une chose terrible qu’est « la mort »
Chaque jour je t’aimais un peu plus
Mais tu es parti trop tôt pour entendre
Tous les mots que j’aurais pu un jour
Avoir le courage de te dire.
Tu n’es aujourd’hui plus de ce monde
Mais vivras toujours dans mon cœur.— Émilie
« Pourquoi ne l’ai-je pas dit plus tôt ? » Cette question reste suspendue longtemps après les funérailles. Une autre petite-fille l’affronte dans le poème suivant, mais elle, c’est le chagrin qu’elle n’arrive pas à laisser sortir.
« Je ne pleure pas » : un poème sur la mort d’un papi, entre déni et chagrin
16 vers · Pour une carte de condoléances ou une lecture personnelle · Lecture : environ 1 minute
Pauline écrit sans fard. Elle savait que son grand-père était malade, elle a refermé les yeux sur la vérité, et maintenant elle ne pleure pas. Du moins pas dehors. Ce poème dit une réalité que le deuil connaît bien : on peut avoir mal sans que rien ne se voie, et la douleur sait attendre.
Je ne pleure pas…
Toi mon très cher Papi
Qui est partiJe le savais
Que t’allais nous quitter
Car petit à petit le tabac t’avait achevéT’avais déjà pendant huit ans été sauvé
Du cancer qui te rongeait
De la tête au piedTu me faisais de la peine
Quand pour monter les escaliers tu étais hors d’haleineJe le savais que t’allais nous laisser
Mais mes yeux j’ai fermés
Pour me cacher la véritéJe ne pleure toujours pas extérieurement
Mais peut-être intérieurement
C’est la guerre entre mes sentiments— Pauline
Une guerre entre les sentiments, et personne pour en être le témoin. Avec le poème suivant, la perte change d’échelle : ce n’est plus un grand-père qui s’en va après une longue vie, c’est un enfant.
Poème sur la mort d’un enfant : « Pour un petit garçon », une lumière « en allée »
19 vers · Pour une carte de condoléances ou une cérémonie · Lecture : environ 1 minute 10
Rolande Bergeron a écrit ce texte pour consoler une mère après la mort de son fils en bas âge. Elle part de l’image d’un enfant qui naît comme un astre qui s’allume, puis suit l’étoile jusqu’à sa disparition. Les deux derniers vers, très simples, sont ceux qu’on retient et qu’on recopie : « Mais sa lumière n’est pas perdue / Elle n’est qu’en allée… »
Pour un petit garçon…
Un enfant s’annonce
C’est un astre qui s’allume
Dans le cœur des hommesLe ciel des hommes est tout chambardé
Leurs étoiles mettent la voile
Des fils de la Vierge il faut trouver
Il y a un nid à tisserUn petit garçon naît
L’astre se fait chair
Pour le bonheur des hommesL’astre qui luit dans leurs cœurs
Et l’enfant aux mains de chair
Les deux faces du même don des dieuxUn petit garçon retourne d’où il est chû
Et le ciel des hommes est tout chambardé
Un trou noir a avalé l’étoile inouïe
Qui brilla le temps de trois étésMais sa lumière n’est pas perdue
Elle n’est qu’en allée…— Rolande Bergeron
Pour accompagner ce deuil-là plus longuement, nos poèmes sur la mort d’un enfant lui sont consacrés. La suite de la sélection change de ton : jusqu’ici, les auteurs pleuraient quelqu’un d’autre. Les poèmes qui suivent imaginent leur propre fin.
Poème sur une mort sereine : « À mon dernier soupir », sourire d’avoir vécu
34 vers en 8 strophes · Pour un hommage ou une inhumation · Lecture : environ 2 minutes
Philistin Panger décrit la mort qu’il espère : sur un lit, entouré de ceux qui l’ont aimé, avec une dernière larme sur l’oreiller et le ciel visible par la fenêtre. Rien de tragique là-dedans. Le poème s’appuie sur une idée simple, qu’on peut mourir en paix quand on a fait « le tour » de ses pensées, de ses envies et de ses joies. Plus long que les précédents, il convient à un hommage plutôt qu’à une carte.
À mon dernier soupir
À mon dernier soupir,
je rêve de cet instant
où je pourrai sourire
à ceux qui seront présents.Sur mon lit, épuisé
je veux voir le sourire
de ceux qui m’ont aimé
et qui ont pu venir.J’abandonnerai une larme
coulant sur l’oreiller
prouvant tout le charme
d’avoir été aimé.Puis je chercherai mes mots.
À ceux qui m’écouteront,
je dirai « C’est beau ! ».
Et d’autres larmes couleront.Le silence et le soleil
pour seul vêtement
je regarderai le ciel
par la fenêtre un instant.Puis je sourirai encore
avant mon départ,
avant cette belle mort,
qu’aujourd’hui je prépare.Car j’aurai fait le tour de mes pensées
et les aurai toutes exprimées
J’aurai fait le tour de mes envies
et les aurai toutes assouvies
Et j’aurai fait le tour de mes joies
et les aurai vu en éclats.À mon dernier soupir,
je sais qu’à cet instant
je pourrais sourire
d’avoir été vivant.— Philistin Panger
Sourire d’avoir été vivant : difficile de mieux dire ce qu’on voudrait laisser derrière soi. Le poète suivant, lui, ne laisse rien au hasard. Il dicte à ceux qui restent ce qu’il veut, et surtout ce qu’il ne veut pas.
Poème sur ses dernières volontés : « Bientôt », ni saule ni cercueil, du feu
27 vers · Pour une crémation ou une lecture testamentaire · Lecture : environ 1 minute 40
Franz Seguin écarte tout ce qu’on attend d’ordinaire d’un enterrement : pas de saule, pas de primevère, pas de Dies Irae, pas de cercueil de chêne. Il veut du feu, puis des cendres répandues sur la tombe de celle qui l’a précédé. Sous la liste des refus, on lit l’histoire d’un deuil jamais terminé, celui de la femme perdue « trop tôt ».
Bientôt
Quand je disparaîtrai,
ne plantez pas de saule au cimetière
je ne veux pas de primevère
sur la tombe où je dormiraiLe cœur assassiné
à assécher les larmes de l’enfance
pour consacrer sa délivrance
ne chantez pas Dies IraePoint de pompes célèbres
point de cercueil aux chênes mordorés
point de satins barriolés
point de péroraisons funèbresMais du feu et du feu !
pour qu’il ne reste plus de moi que cendres
et vos mains viennent me répandre
grises des poussières d’adieuSur la tombe adorée
de celle qui trop tôt fut arrachée,
parmi cette herbe délavée
sous cette pierre délaisséeEt puis laissez couler
vos pleurs pour infiltrer enfin sous terre
les yeux de cet enfant-rivière
et sous les glaises retrouverLes parfums de son corps
que j’aurai tant cherchés
et pleurés en vain si longtemps— Franz Seguin
Des cendres, donc, et une question : que deviennent-elles ? Le poème suivant y répond avec une audace rare, en faisant du défunt une présence dans le jardin, dans les fruits et jusque dans le vin.
Poème sur la crémation : « L’Urne », revenir dans la terre, le vent et les fruits
27 vers · Pour une lecture après une crémation · Lecture : environ 1 minute 40
Bruno Alexandre donne la parole au défunt, qui s’adresse à ceux qui rapportent son urne. Il leur demande de sécher leurs larmes et promet de revenir : dans le printemps, dans l’ombre des arbres fruitiers, dans la pomme croquée à l’automne, jusque dans les vignes du Bordelais. C’est un texte à part dans la poésie funèbre, qui réconforte par la matière plutôt que par le ciel.
L’Urne
Quand l’urne funèbre vous rapporterez,
Libre par tout le volatil
Mais encore prisonnier par le minéralMes pensées désintégrées vous pleurerez.
Quand le seuil de mon jardin franchirez
Vos larmes vous devrez sécher.
Comme à l’oiseau libéré de sa cage
Mes ailes au vent donnerez.La terre que j’ai retournée, ensemencerai,
L’air qui la pénètre, féconderai.
Quand bientôt le printemps viendra,
Coucou dans la primevère je vous ferai.Lorsque l’été de chaleur vous écrasera,
À l’ombre de mes arbres fruitiers
Les estivales senteurs humerez
Distillées par toutes mes sèves transformées.Dans la pomme automnale que vous croquerez
Autour des pépins, de chair fine jouirez.
C’est une partie de mon corps que vous mangerez.Et puis lors de vos voyages heureux
Dans les interminables vignes du Bordelais
Ou les modestes coteaux de Bourgogne
Un peu de mon sang boirez.Que belle sera la vie dans l’ubiquité
De la lithosphère à l’atmosphère.
Je vous en offrirai mes bien aimés,
Tous les jours, l’eucharistie.— Bruno Alexandre
Revenir dans la terre, c’est une façon de ne pas partir tout à fait. Le poème suivant tourne autour de la même question, mais sans aucune certitude, avec un doute qui oscille jusqu’à la dernière ligne.
Poème philosophique sur la mort : « Pensée mortelle », deux visages et un rappel à la vie
35 vers · Pour une lecture introspective · Lecture : environ 2 minutes
Cécile commence par une idée claire : la mort a deux visages, l’un tragique, l’autre sage. Puis elle se laisse tenter par cette « dame en noir » et par la libération qu’elle promet, avant qu’une main sur sa joue, un mot doux, ne la tire de sa rêverie. C’est le texte le plus ambivalent de la sélection, et celui qui demande à être lu sans hâte.
Pensée mortelle
La mort a deux visages :
l’un tragique, l’autre sage.
Mourir de vieillesse
après une paisible existence
ou mourir de faiblesse
après une trop longue souffrance,
telle sera notre fin
décidée par le destin.
Pour s’adonner à l’inconnue
il faut avoir bien vécu,
car défier le bonheur
en accélérant sa fin
n’apporte que malheur,
solitude et chagrin.
Mais quelle séduisante libération…
Terminées agressions et déceptions
de ce monde de haine et de violence
fait d’illusions et d’apparences,
grâce à cette dame en noir,
dont le nom est à peine cité…
Tel est mon exutoire
Telle est mon éternité…
J’aimerais qu’elle m’emmène
avec une agréable lenteur
dans ses profonds domaines
emplis d’une douce chaleur…
Mais stop ! rupture…
un langoureux murmure…
Un homme, un mot doux, un plaisir,
ta main caressant ma joue, un désir…
J’ouvre les yeux, tu es là,
et soudain je m’aperçois
que ce n’étaient que divagations,
ce n’était qu’une impression,
enfin… je crois…— Cécile
L’amour qui rappelle à la vie : c’est peut-être la meilleure réponse que ce poème pouvait donner à ses propres questions. Il reste deux textes, plus symboliques, qui parlent de ce que les morts deviennent dans la mémoire des vivants.
Poème sur les souvenirs des disparus : « Les âmes mortes », des papillons dans le vent
12 vers en 3 quatrains · Pour une lecture méditative · Lecture : environ 45 secondes
Olivier Werbrouck voit les souvenirs comme des tableaux accrochés aux murs du temps, puis comme des papillons qui voyagent dans le présent. Le poème est dense, un peu hermétique, mais l’idée centrale est claire : ce qui a été vécu, dit et aimé continue de voler quelque part, et ni la haine ni l’oubli ne peuvent l’abîmer.
Les âmes mortes
Souvenirs, souvenirs, les âmes mortes du passé
Comme des tableaux accrochés aux murs du temps
Renaissent des cendres, des soleils de glace émergeant
Du néant, dans l’ombre de l’oubli, demeurent figés.Les âmes mortes, comme des papillons volent dans le vent
Elles voyagent dans le présent et dès le levant
Le gouffre infernal de l’éternelle nuit, en plongeant
Dans le néant, ouvre la porte aux vivants.Les âmes mortes des mots, dans l’océan des rêves infernaux
Disparaissent, quand le spectre de la vie hante l’esprit
Du monde, les souvenirs se bousculent, le mépris
Et la haine ne peuvent troubler les âmes mortes des mots.— Olivier Werbrouck
Pour garder vivante la mémoire d’un proche, d’autres textes vous attendent dans nos poèmes de deuil pour rendre hommage. Le dernier poème de cette sélection est aussi le plus sombre, et sa chute le plus lumineux.
Poème sur l’au-delà : « Remember… », une éclaircie vers une autre vie
17 vers · Pour une lecture personnelle · Lecture : environ 1 minute
Samuel Balou donne à la mort un visage de prédateur : vitraux funèbres, velours sombre, bête qui rôde et dévore le temps. Tout le poème est fait de cette noirceur, jusqu’à la dernière ligne, un seul vers de lumière : « Éclaircie pastel d’un bleu lagon… Une autre Vie… ». C’est un texte à réserver aux lecteurs qui aiment les images fortes et ne craignent pas l’ombre.
Remember…
Vague cristalline démon au rictus facial,
vague cristalline d’un dernier souffle glacial,qu’emportent nos voix, nos essences vitales,
qu’importe le choix d’une errance bestiale…Vitraux funèbres scrutant le monde à nu,
rideau de ténèbre recouvrant la vue,
velours sombre vaporeux ondulant au vent,
contour d’ombres, silencieux, déplacement lent.IL rôde… guête sa proie, dévore le temps,
comme une bête carnivore assoiïée de sang,
glisse, flotte, vole, traque le râle d’agonie,
abysse de la morte, attaque spectrale de la nuit.L’âme en feux destination gouffre avide.
Les yeux rouges fauve la faucille rapide,
rattrape et dompte, détrousse… Vorace…
Au bout du compte, il les a tous… fatalitas…Éclaircie pastel d’un bleu lagon… Une autre Vie…
— Samuel Balou
Voilà pour la traversée. Si la perte d’une maman décédée vous occupe, ou si c’est surtout la tristesse qui ne vous lâche pas, d’autres sélections prennent le relais.
Comment utiliser un poème court sur la mort : 5 situations concrètes
Un beau texte ne suffit pas toujours. Encore faut-il savoir où le placer. Voici cinq contextes où un poème peut vraiment aider.
Sur une carte de condoléances
Choisissez douze à quatorze vers au maximum et recopiez-les après votre message personnel, de préférence en italique. « La chambre silencieuse » et « À mon papi » tiennent sur une carte sans l’encombrer. Pour un texte plus long, ne citez qu’une strophe, la dernière de « Les silences du cœur » par exemple.
Pendant une cérémonie funèbre ou un enterrement
Un poème lu à voix haute dure entre une et deux minutes selon sa longueur. Choisissez un texte que vous pouvez lire sans vous interrompre, et répétez-le deux fois à l’avance, de préférence à voix haute, debout. « Les silences du cœur » et « Deuil » conviennent bien à ce cadre. « Bientôt » et « L’Urne » trouvent leur place lors d’une crémation, quand la famille connaît les souhaits du défunt.
Dans un discours ou un éloge funèbre
Insérez le poème à la fin, après vos propres mots. Il fait alors office de clôture et laisse à l’assemblée un moment pour respirer ensemble.
Sur une pierre tombale ou une plaque commémorative
Pour une inscription, il faut un distique ou un quatrain. Les deux derniers vers de « Pour un petit garçon » (« Mais sa lumière n’est pas perdue / Elle n’est qu’en allée… ») ou la dernière strophe de « Les silences du cœur » s’y prêtent très bien.
Dans un faire-part de décès
Un poème bref peut figurer en bas du faire-part, après les informations pratiques. Il donne un ton plus personnel au document et reste souvent en mémoire plus longtemps que le reste.
Questions fréquentes sur les poèmes courts sur la mort:
Quel poème court choisir pour une carte de condoléances ?
Prenez un poème de 8 à 14 vers, au ton doux. « La chambre silencieuse » (12 vers) et « À mon papi » (14 vers) sont les plus adaptés de cette sélection. Lisez-le à voix haute avant de l’écrire : si votre voix se brise, c’est en général que le texte est juste.
Peut-on lire un poème lors d’un enterrement, et combien de temps dure une lecture ?
Oui, beaucoup de familles le font, qu’il s’agisse d’une cérémonie religieuse ou laïque. Comptez environ trois à quatre secondes par vers : un poème de 20 vers se lit en un peu plus d’une minute. « Les silences du cœur » et « Deuil » restent dans cette durée.
Quelle est la différence entre un poème funèbre et un poème de deuil ?
Un poème funèbre accompagne les obsèques, il se lit en public et marque l’adieu collectif. Un poème de deuil est plus intime. Il accompagne le travail long du manque, parfois des semaines ou des mois après la perte. Notre sélection de poèmes de deuil s’adresse plutôt à ce second moment.
Comment trouver un quatrain sur la mort pour une inscription ?
Un quatrain a quatre vers, une longueur idéale pour une pierre, une plaque ou un bijou. Vous pouvez aussi extraire la fin d’un poème plus long. Dans cette sélection, la strophe finale de « Les silences du cœur » (« Que chaque pétale de rose / Soit une étoile dans ta nuit ») ou la chute de « Pour un petit garçon » font cet usage.
Existe-t-il un poème court sur la mort d’un ami ?
Aucun poème de cette sélection ne parle d’un ami en particulier, mais certains ne précisent pas le lien avec le disparu et s’y prêtent : « Les âmes mortes », qui évoque les souvenirs, ou « Pensée mortelle », plus réflexif. Pour un ami, mieux vaut un texte qui parle de mémoire que de famille.
Que symbolise l’étoile dans « Pour un petit garçon » et « Les silences du cœur » ?
Dans les deux poèmes, l’étoile est une lumière qui survit à celui qui part. Chez Rolande Bergeron, l’enfant est un astre qui s’allume puis « s’en va », sans s’éteindre pour autant. Chez Ophélia, les pétales posés sur la tombe deviennent des étoiles pour éclairer la nuit de l’absent. Dans les deux cas, l’image dit la même chose : une présence continue ailleurs.
Que veut dire « Les âmes mortes » d’Olivier Werbrouck ?
Le poème appelle « âmes mortes » les souvenirs de ceux qui ne sont plus là. Ils sont d’abord figés comme des tableaux, puis ils s’envolent comme des papillons : la mémoire, quand on la laisse circuler, devient vivante. La dernière strophe ajoute que les mots écrits ou prononcés échappent même à la haine et au mépris.
Pourquoi « L’Urne » parle-t-il de manger une pomme et de boire du vin ?
Le défunt promet de se retrouver dans la matière : la terre où il aura semé, la sève des arbres, la chair de la pomme, la vigne. Manger et boire deviennent des gestes de communion avec lui, d’où le mot « eucharistie » dans le dernier vers. On peut y lire une consolation par le cycle de la nature : rien ne disparaît, tout se transforme.
De quoi parle le poème « Deuil » de Patric Mouth ?
Il décrit une veillée auprès d’un corps. Le givre, les oiseaux qui frappent aux carreaux et la robe qui flotte composent une scène d’hiver où le narrateur n’est plus que « regard, attente ». Les « oiseaux de la mort » évoquent un présage ; la dernière image, celle d’une prière adressée à un corps endormi, change l’angoisse en recueillement.
Peut-on lire « À mon dernier soupir » lors d’un hommage ?
Oui, à condition de l’annoncer comme un poème sur la mort sereine plutôt que comme un adieu à quelqu’un de précis. Il parle d’un départ entouré, d’une dernière larme, d’un sourire. Il convient donc très bien à un hommage à une personne âgée ou à quelqu’un qui est mort paisiblement, moins à une disparition brutale ou précoce.
Ces poèmes sont là pour que le silence soit moins lourd
Le deuil isole, les mots rapprochent un peu. Chaque texte de cette sélection peut servir de point d’appui, que vous le lisiez devant une assemblée, que vous le glissiez dans une enveloppe ou que vous le gardiez pour vous. Si l’un d’eux vous a touché, partagez-le avec quelqu’un qui en a besoin. Et pour continuer, nos sélections sur la tristesse et sur le deuil vous attendent, sans vous presser de guérir.
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