206 poèmes pour avouer son amour : aveux tendres et timides

Femme rêveuse au coucher du soleil, une rose rouge et des lettres d’amour symbolisant l’aveu des sentiments et le doute amoureux.

Sommaire :

Il n’y a que tes yeux que je vois : une chanson d’amour pour l’unique

Une chanson qui promet de ne voir qu’une seule paire d’yeux, malgré demain.

Il n’y a que tes yeux que je vois

Quand tu liras ces lignes,
tu penseras à moi,
comme si j’avais été digne

de te serrer tout contre moi.

Tu oublieras ces jours
où je n’étais pas là,
tu penseras à l’amour,
même s’il n’existait pas.

Et chaque fois que tu entends ma voix,
s’il te plaît, ne fais pas semblant
qu’il n’y a pas eu de première fois…

Même si demain ne change rien,
souviens-toi juste un court instant
qu’il n’y a que tes yeux que je vois…

Et si tu lis entre mes lignes
ce qui est écrit mais que l’on ne voit,
tu comprendras que j’étais digne
d’écrire cette chanson-là pour toi.

Tu te rappelleras ces jours
où je ne chantais que pour toi,
des mots semblant parler d’amour
et de belles choses qu’on n’oublie pas.

À chaque fois j’entends ta voix,
je ne saurais plus faire semblant
qu’il n’y a pas eu de première fois…

Et pour demain, je ne changerai rien,
je veux me souvenir d’un instant
où j’étais bien tout contre toi…

M’entendre dire de temps en temps
qu’il n’y a que tes yeux que je vois…

© Daniel Fosset

Mais pour savoir vraiment ce que l’autre voit, il faut parfois poser les questions.

Je ne demande qu’une conversation : mettre les cartes sur la table

Huit mois d’attente, et l’envie de savoir enfin ce que l’autre ressent.

Je ne demande juste…

Je ne demande juste qu’à mettre les choses au clair,
Une conversation juste pour savoir
Où la question posée serait :

« Que pense-t-il de moi ? »
« Que ressent-il pour moi ? »
« Qu’est-ce que je représente pour lui ? »

En espérant ne pas paraître rengaine
Car mon amour est, je crois, trop fort
Et j’en ai marre d’attendre depuis près de huit mois.

Une fois les choses posées,
Les cartes posées sur la table
Et la vérité énoncée
La jeune amoureuse que je suis avisera.

Si tu partages mes sentiments, pas de problème
Sinon, je ne sais pas comment envisager le futur
Qui est déjà incertain et synonyme de malheur,
Tristesse, désespoir ainsi que désillusion comme mon passé d’ailleurs.

Comment sommes-nous arrivés à ce point
Mon amour est sans retour
Je ne cesserai pas de t’aimer
Quelque chose au fond de moi me fait croire encore au « nous »
Une petite voix me pousse à me battre
Et à encore vivre
Vivre pour toi.

© Lolotte

Parfois, l’amour s’exprime dans le style des chevaliers d’autrefois.

La dame de mes pensées : l’amour courtois d’un chevalier moderne

Une belle dame aperçue, perdue, retrouvée, et toujours aimée.

La dame de mes pensées

La belle dame me regardait,
Que pouvait-elle penser de moi,
J’ai voulu lui dire qui j’étais,

Mais alors elle se détourna

J’ai tenté de la retrouver,
Ne pouvant pas en rester là,
Et je cherchai la jolie dame,
J’étais tombé sous son charme

Par monts et par vaux,
Sans jamais m’arrêter,
Sans aucun repos,
J’ai voulu la trouver

Un jour je revis son visage,
Tellement doux, tellement beau,
J’ai d’abord cru à un mirage,
Et mon cœur fit un saut

Les yeux de ma dame,
Par une belle nuit,
Semblables à des lames,
Ou des caresses aussi

Sa grâce, sa dignité,
Que même les fées
Ne peuvent qu’envier,
À ma douce aimée

Ô belle dame, ma jolie dame,
Pourquoi me faites-vous souffrir,
Car tout au fond de mon âme,
Je prie pour vous entendre rire

Ô belle dame faite de flamme,
Pourquoi m’échappez-vous comme le vent,
Je vous donnerais mon âme,
À vous si belle à travers le temps

© Yann Lachance Cantarella

Si seulement toutes les histoires d’amour étaient aussi nobles : voici le revers de la médaille.

J’aime ton prénom : le monologue amer d’un séducteur déçu

Une satire d’une soirée ratée, loin de l’idéal des poèmes romantiques.

J’aime ton prénom

Tiens,
Voilà une jonquille.
Elle est pour toi, Rosita.

« Je te désire »,
C’est ce que dit cette fleur.
Tu peux vérifier : touche.
Mais non,
Imbécile,
Pas la fleur !

Pourquoi faut-il toujours que je tombe
Sur des gourdasses décérébrées ?
Je lis ici des tas de poèmes
Où les femmes sont magiques,
Séduisent,
Subjuguent,
Enchantent,
Élèvent le sexe et la conscience.

Et moi j’ai droit aux museaux de tanches.
Comment composer un joli poème
Si tu n’es que jolie, Anatolie ?
Ça ne suffit pas, ma belle.
Je ne peux pas me résoudre
À admettre ta sidérale bêtise.
Je persiste à imaginer
Qu’en fouillant un peu,
On peut découvrir
Que toi aussi tu es douée
D’une parole cohérente
Et d’un esprit organisé, Alizée.

Mais hélas je t’entends :
« Je sais pas si je pourrai baiser,
J’ai peur d’avoir le peintre ! »
La grande classe, décidément.
C’est très gentil
De me proposer une petite pipe,
Mais ce n’est pas ta bonne volonté
Que je mets en cause, Marie-Rose.
Et si je revenais après ta ménopause ?

Je ne te dis pas ça.
Je me retiens.
Pourquoi te blesserais-je ?

« J’ai vu des chouettes soutifs,
À Eurodif ».
Ah, tu ne me facilites pas le travail !
Comment ça s’écrit, « soutif » ?
Et Eurodif, y a deux « f » à la fin ?
Mais tu as sûrement raison, Suzon,
Et ils ont quoi, chez Emmaüs ?

Autant que je te le dise maintenant,
Dans le langage des fleurs,
La jonquille,
C’est aussi la mélancolie, Dolly.
Quand je t’écoute, ma choute,
Est-ce bien de la mélancolie ?
Non,
Désolation,
Gâchis,
Vacuité,
Néant,
D’autres mots me viennent.
Je me dis que je préfère la conversation des poupées gonflables
Qui ne disent jamais de conneries.

« Si on va chez moi,
Faudra faire gaffe au chien.
Il est pas méchant,
Mais des fois,
Il mord un peu. »
Venir chez toi !
Mais pour y faire quoi ?

Pour qu’il vérifie une fois de plus
Comme la chair est triste, Baptiste ?
Enfin, la tienne, au moins…

Je vois son œil lubrique qui s’allume bizarrement.
Ça ne me convainc pas.
Je me demande la tête qu’elle ferait
Si je lui parlais de Cioran ou de Léautaud.
Qu’est-ce que je fous là ?
Je l’embarque quand même ?
Histoire de dire
Que je ne suis pas venu au Crash pour rien ?
Histoire de ne pas repartir
Avec ma bite sous le bras ?
Ou alors juste pour voir le chien ?
Au point où j’en suis !

Ça ne me dérange pas qu’elle habite Sarcelles, Marcelle.
Je me doutais bien qu’elle créchait pas à Neuilly, Nelly.
C’est tout mignon, chez elle.
On trouve des trucs à la foir’fouille, faut croire.
Le chien s’appelle Prince.
Moi, j’ai jamais rencontré un cavalier King Charles qui morde.
Comment elle s’est offert un clébard à mille euros ?
Je lui demande.
Un beau-frère éleveur en Bretagne ?
Bon.
Même le chien a l’air con.
Le Q.I. de Rantanplan après
Dix mille générations de mariages consanguins.
Je fais vaguement copain.
Facile :
Grattage judicieux sous le ventre,
Papatte qui s’affole dans le vide,
C’est gagné.

Elle propose de mettre un disque de Renaud.
Je lui dis que je préfère la musique.
Elle ne comprend pas,
Me dit qu’elle aime aussi les paroles.

Mon Dieu,
Comment pouvez-vous accepter
Que ma vie soit si glauque ?
Ne vous moquez pas,
C’est une vraie prière
Que je vous adresse.

Elle est vachement brune,
Cette blonde.
Du primate,
Elle n’a pas que l’intelligence, Prudence,
Elle a aussi gardé
Une abondante toison, Lison.
Je vais me perdre dans cette jungle.
Oh là là,
Déjà je discerne le miasme des marécages.
Y a-t-il une vie animale
Au cœur de ce pubis luxuriant ?
Ça paraît très vraisemblable.
J’sais pas ce que j’ai.
J’ai plus envie,
J’ai changé d’avis, Octavie.

Je ne peux pas rester là,
Faut que je trouve quelque chose, Machin-Chose…

Je vais lui dire….

Que je suis fiancé et brusquement assailli de remords ?
Que je me découvre subitement homosexuel, Emmanuelle ?
Que je viens de m’apercevoir qu’en fait
C’est du chien que je suis amoureux ?

Eh bien, pas la peine :
À l’arrivée du mari,
Tout s’arrange, Solange.

Allô, mon amour,
Tu es toujours là ?

Alors voilà.
Ça t’explique pourquoi
Il faut que tu viennes me chercher
Dans une chambre sinistre
De l’Hôpital Privé Nord Parisien.
J’aurais préféré t’inventer
Une jolie histoire.

Surtout ne m’en veux pas.
On va pas se fâcher pour si peu,
Dis,
Ma petite biche à moi.
Tu sais bien que je n’aime que toi !

© Jocelyn Pfaff

Revenons à la douceur, avec un demi au comptoir de la vie.

Comme on prend un demi : l’amour raconté au comptoir

Une chanson de bistrot où l’amour se boit comme la vie.

Comme on prend un demi

Je ne connaissais rien
J’débutais dans la vie
J’la prenais comme elle vient
Comme on prend un demi
Au comptoir des copains
Et de leurs p’tites chopines
Qu’on lève aux musiciens
Dans les bras d’une frangine
Qu’on aimait l’temps d’une danse
D’un parfum, d’une soirée
D’un instant si intense
Qu’on l’aimait à jamais

J’n’avais d’avis sur rien
Pas d’avis sur la vie
Je prenais l’quotidien
Comme on prend un demi
Au bar de l’amitié
À la santé des filles
Pour un baiser sucré
Caramel ou vanille
Ces idylles souvent brèves
Que l’on sème au hasard
Qu’on goûte à fleur de lèvres
Pour la vie tout un soir

Je n’y connaissais rien
Je n’avais pas d’envie
Mais j’ai pris ton amour
Comme on prend un demi
Au bistrot du destin
Où j’levais mon godet
Trinquant aux musiciens
Quand on s’est rencontrés
J’ai aimé ton regard
Qui m’invitait à t’suivre
Sur un air de guitare
Acoustique et festive

Je n’savais rien de rien
J’me doutais pas d’la suite
Je t’ai prise par la main
Comme j’aurais pris une cuite
Au troquet d’la tendresse
Où, entre deux demis
J’te dédiais mon ivresse
Et puis le reste aussi
J’te chantais des poèmes
Au gré d’tes grains d’beauté
Que j’aimais comme on aime
Sans peur de se tromper

Je ne doutais de rien
Avant de te connaître
Mais quand est v’nue la fin
J’l’ai pris comme un demi
Au café du cafard
Quelques musiqu’artistes
F’saient pleurer leurs guitares
Sur un blues un peu triste
Qui m’a fait l’plus grand bien
Même si, de ces cas-là
Tout ce que l’on retient
Ben… c’est chagrin pour soi

Aujourd’hui que je sais
Que je connais la vie
Je la prends comme elle est
Comme on prend un demi
Sur le zinc du souv’nir
On trinque à tous les coups
Les meilleurs comme les pires
On s’habitue à tout
Mais pour pas qu’on oublie
C’qu’on noie dans le houblon

Comme on pleure, on en rit
On en fait des chansons !

© Jérôme Abderrahmane

Et l’amour moderne passe aussi par l’écran : voici Isa, le virus de mon PC.

Isa, le virus de mon PC : une chanson d’amour par chat

Une rencontre sur internet racontée avec humour informatique, et une chute inattendue.

Isa

J’t’avais rencontrée dans un « chat »
Ma souris, comme un automate
Avait cliqué sur ton prénom

Sans attendre ma permission.

Toutes les nuits, sur Internet
Tes phrases habitaient ma fenêtre
J’me nourrissais d’nos discussions
J’pensais plus qu’à nos connexions.

Oh Isa
T’es le virus de mon PC
Oh Isa, Isa,
Mon disque dur est menacé
Tu as reformaté ma vie
En débarquant sans préavis

J’ai numérisé ton image
Pour mon écran de démarrage
Tous mes clusters portent ta trace
T’es même dans mon interface.

Chaque pixel me parle de toi
Jusqu’à mon BIOS que tu tutoies
Tu m’as drivé sans le pilote
J’imprime plus quand tu « chuchotes ».

Oh Isa
T’as foutu le souk dans ma RAM
Oh Isa, Isa,
C’est toute ma vie que tu rétames
T’as mis d’l’amour dans mon streamer
J’ai même pas vu l’message d’erreur.

J’ai décidé qu’on allait s’voir
Que le réseau c’est dérisoire
J’voulais sentir ton goût de miel
Autrement que par nos e-mails

T’as résisté tant que t’as pu
Tu m’as prouvé par le menu
Qu’le virtuel ça a son charme
Que tout est mieux dans la lucarne

Oh Isa
T’as mis mon cœur dans la corbeille
Oh Isa, Isa,
Je n’en croyais pas mes oreilles
T’avais le look « demi d’mêlée »
Des moustaches, tu t’app’lais René !

Oh Isa
Un formatage de bas niveau
Oh Isa, Isa,
R’mettra-t-il mon cœur à zéro ?
Les « chats », les forums, c’est fini
J’ai choisi d’plus rêver ma vie…

© Christiane Metge

Les fantômes de la nuit n’ont pas besoin d’écran : ils viennent d’eux-mêmes.

Le fantôme de mes nuits : un amour qui hante les rêves

Un « je t’aime » qu’on voudrait écrire comme un poème, et un spectre qui revient dès minuit.

Le fantôme de mes nuits

Je voudrais te dire « je t’aime »
Comme j’écris un poème.
Le laisser s’écouler de mon âme en peine,
De ne te connaître qu’à peine.

Je voudrais dans le lac de tes yeux
Pouvoir espérer des jours heureux.
Et rêver de tes mains, de ton corps,
À pouvoir vivre encore.

Mais tu viens dès minuit
Comme le fantôme de mes nuits.
Tu harcèles mon sommeil,
En attendant le soleil.

Tu arpentes mes rêves
Chaque soir sans trêve.
Et même si j’en crève,
J’attends ta lueur brève.

Je voudrais te dire « je t’aime »
Comme j’écris un poème.
Le laisser s’écouler de mon âme en peine
De ne te connaître qu’à peine.

Mais toi tu avives mon tourment,
Dans ces couloirs du temps.
Tu te hasardes et tu prétends
Que l’amour de toi me méprend.

Tu n’es qu’un spectre, une fumée
Une folie que je dois abandonner.
Mais tu marches en mon esprit,
Tel un chevalier ravi.

Oublie-moi,
Délivre-moi,
Mes amours sont à moi,
Retourne-t’en chez toi.

Mais tu viens dès minuit
Comme le fantôme de mes nuits.
Tu harcèles mon sommeil
En attendant le soleil.

Qui saura me délivrer,
Qui saura m’aimer,
Me forcer à oublier
Qu’un fantôme a cru m’aimer.

Et à force de rester dans l’ombre, on finit par prendre la parole à temps.

À temps : sortir de l’ombre avant que l’autre ne parte

Un amoureux caché qui promet de se révéler avant qu’il ne soit trop tard.

A temps

Quand la Lune apparaît entre les nuages,
Tu peux m’apercevoir dans ton ombre,
Tu essaies de te souvenir de mon visage,

Mais ce que tu vois est trop sombre…

Lorsque tu parles debout face à la foule,
Je t’écoute avec attention depuis le mur du fond,
Si tu ne me remarques pas, mon monde s’écroule,
Alors je reste même quand les spectateurs s’en vont.

La pluie tombe du ciel comme si les anges pleuraient,
Ces gouttes fines ressemblent presque à des caresses,
Je suis dans la rue, complètement trempé,
Tout ça pour te voir au moment où tu traverses.

Tu étais seule au soleil, assise sur un banc,
Les fleurs de cerisiers valsaient dans l’air,
Je n’ai pas su écouter mes sentiments,
Et je suis resté là, avec un regret amer.

Le jour où tu partiras sans revenir,
J’oserai sortir de cette ombre qui me cache
Mais il sera trop tard pour te retenir,
Je t’aurais dit ce qu’il fallait que tu saches.

Hélas, malgré mes mots tu partiras quand même,
J’ai peur, laisse-moi empêcher que cela se passe ainsi,
J’ouvre les yeux, je réalise que je t’aime,
Pour ne pas te perdre maintenant je te le dis.

Ton cœur a l’impression de le savoir depuis le début,
Une sensation bizarre s’empare doucement de toi
Tu te demandes pourquoi j’ai tant attendu,
Alors qu’en réalité tu n’attendais que ça…

© Ange aux ailes noires

Quand les retrouvailles arrivent enfin, c’est un « nous » qui s’écrit en timidité.

Nous : des retrouvailles timides et émues

Un café blanc de la Réunion, des souvenirs qui se bousculent, et une étincelle virtuelle qu’on voudrait réelle.

Nous

Retrouvailles attendues.
Timides et émus !
Sans se regarder, on savait

Sans se parler, on se disait
Sans s’écouter, on pensait
Tu es là ?

On a tellement à se dire, à se sourire
Nos yeux en sont embués
Café blanc de la Réunion
Images floues de nos souvenirs
Se bousculant aux portes de nos cœurs
On veut se serrer, on n’ose pas.
On veut s’aimer, on ne peut pas.
On veut vivre tous les deux,
Refaire ces moments délicieux
D’insouciance amoureuse.

Serons-nous prêts, un jour
À nous caresser, laissant le vent de nos souffles
Attiser cette petite étincelle virtuelle
Que l’on voudrait réelle.

J’ai besoin de toi, tu veux mourir
Tu veux me dire…
Ton sourire, le rose sur tes joues
Efface le gris que l’on a peint sur ton cœur.

Même les lettres qu’on envoie finissent parfois refusées : voici l’amour imaginaire.

Bel amour imaginaire : les lettres qu’on n’ose pas recevoir

Un amour offert par lettres, refusées, et pourtant donné pour toujours.

Bel amour imaginaire

J’ai un seul amour
je te le donne avec une lettre…

tu ne veux pas les recevoir, donc nous les perdons…

quand je te donne, je ne regrette rien !…

lettre d’amour comme un ruisseau imaginaire
l’amour est toujours triste comme la séparation…

le brouillon est encore dans ma poche
j’écris cent fois, puis je te les envoie
même si je suis timide avec les mots insignifiants
même à côté de toi, tu ne veux pas m’écrire
tu es indifférente à la dernière lettre…

un nuage est plein sur le ciel pour couvrir la colline
heureusement mon cœur est encore passionné…
les fleurs se développent mais ne s’épanouissent pas complètement !…

qui peut aimer seulement les fleurs de camélia
comme disait Alexandre Dumas fils
… sans odeur ?…

plus de fois je te reconnais dans mes rêves…
mes yeux avaient peur et ne pouvaient se fermer
… tes mains souples que je ne peux toucher !
je les pense comme les rêves de la jeunesse…

qui sait, le cœur se casse dès le commencement !…

sans humidité dans les yeux, mais les larmes commencent à rouler…
… silencieusement avec l’amour que je te donne…

plus spirituel que je ne le donne à aucune…

même la lumière matinale n’a plus de beauté
que cet amour…

parce que je te le donne
je le perds aussi…

dès
ce jour !…

Quand on est perdu, on se perd dans un seul visage.

Je suis perdu dans tes yeux : le labyrinthe d’un visage aimé

Quelques vers pour dire qu’on se perd volontiers dans les yeux de l’autre.

Mes rêves

Je suis perdu
Dans les
méandres

De ton visage

Je suis perdu
Dans le labyrinthe
De tes yeux

Je suis perdu
Sur la route
De ta beauté

Je m’égare
Dans mes rêves

Et pour celui qui erre, il y a un oasis, un mirage qui fuit.

Oasis : l’amour comme mirage dans le désert des solitudes

Un cœur asséché, en quête d’un amour qui s’abreuve.

Oasis

Dans le désert des solitudes,
Le soleil
Brûle

Mes songes.
Et j’erre
Étranger à ce monde
À la recherche
D’une chimère,
Princesse d’un rêve inaccessible,
D’une oasis,
Éternel mirage qui fuit,
Où
Mon cœur asséché
Pourrait,
Un jour,
S’abreuver d’amour !

Dans ce désert, on en vient à regretter ce qu’on n’a pas été.

J’aurais aimé avoir été : le poème du regret amoureux

Un instant, une larme, un battement de cœur : tout ce qu’on aurait voulu être pour l’autre.

Avoir été

J’aurais aimé avoir été un instant précieux
Dont on se souvient tendrement en fermant les yeux

Avoir été une demi-seconde, une goutte de sang
Dans la circulation de tes veines…

J’aurais aimé avoir été une semaine,
Une journée, une minute… un peu de ton temps
Dans l’inventaire de ce passé
Qui aurait pu exister mais n’existera jamais…

J’aurais aimé avoir été une prière
Gravée dans ta mémoire pour toujours
Avoir été un mot ou une lettre d’amour
Psalmodié pour toi à chaque coin de la terre.

J’aurais aimé avoir été une larme
Que tu aurais essuyée d’un baiser
J’aurais aimé avoir été un charme,
Un sortilège qui t’aurait ensorcelé

J’aurais aimé avoir été un battement de cœur :
Une de ces pulsations qui rythme une vie…
Avoir été l’objet de tes ardeurs.
Avoir été l’astre de tes nuits.

Mais je ne suis rien de tout ça, malheureusement
Juste une passante anonyme parmi la foule
Juste un caillou, une pierre qui roule
Une silhouette en coup de vent…

© Fabienne/Shanti Desjardins

Quand on n’a pas osé, on se raconte la rencontre qui aurait pu être.

Rue des Amours : si je t’avais rencontré…

Une chanson de « si », de rencontres rêvées et d’amants éternels.

Rue des Amours

Si j’avais rencontré
Au coin de cet hôtel
Je t’aurais abordé

Comme une île infidèle

Si je t’avais rencontré
Dans la nuit capitale
Tu m’aurais regardé
Comme on regarde le mal

Si je t’avais parlé
Je t’aurais dit « Salut »
En te dévisageant
Pour mieux te découvrir

Tu m’aurais répondu
D’un regard entendu
Et ta bouche aurait dit
Les mots qu’il eût fallu

Si je t’avais rencontré
À la lumière du jour
Je t’aurais dessinée
Au soleil de l’été

Si je t’avais aperçu
Dans la rue des Amours
Nous nous serions aimés
Comme des âmes enivrées

Tu ne m’aurais rien dit
Ton corps aurait parlé
Dans un lent mouvement
Nous nous serions bercés

Je ne t’aurais pas parlé
Je t’aurais regardé
Je t’aurais caressé
Je t’aurais oublié

Si je ne chantais pas
Cette complainte-là
J’en chanterais une autre
Qui parlerait de toi

Si la nuit n’était pas
Si longue pour toi et moi
On ne chercherait pas
D’autres voix éperdues

Quand le temps passera
Sur toi et puis sur moi
Nos rêves s’en iront
Vers d’autres horizons

Et la mer fermera
Ses abîmes sans fond
Aux naufragés de l’âme
Aux amants éternels.

Les larmes, enfin, sont comme des vagues qui se brisent sur des rochers indifférents.

Mes yeux tristes déferlent des larmes : l’amour qui n’ose pas

Un océan de larmes, et le courage des vagues que l’on envie.

Mes yeux tristes déferlent des larmes

Mes yeux tristes déferlent des larmes comme l’océan amer pleure des vagues.

Les vagues se meurent violemment
Sur la pierre qui orne la plage.
J’aimerais que mon esprit t’efface comme le vent
J’insiste, mais j’ai encore en tête ton image…

Hier encore, je n’y songeais même plus…
Mais il a fallu que la lune me le rappelle
Quand on admirait les astres tel un paradis perdu…
Pourquoi aimer devient si cruel ?

D’abord ami, tu es devenu plus que ça,
Moi qui pensais « Jamais ça n’arrivera »…
Et pourtant c’est toi qui me tourmentes,
Hantes ma conscience inconsciente !

Ce fut un regard, un soir d’automne,
Qui chamboula ma vie monotone.
J’ai peur de faire le premier pas,
Peur de me jeter dans tes bras…

Pourtant les vagues, elles, ne craignent aucunement
De se jeter sur les rochers indifférents !
Pourquoi n’ai-je pas ce courage ?
Ce sont des choses qui arrivent à tout âge…

Avec toute la volonté que je possède,
Je renonce. Je regrette, mais je ne peux pas.
Amitié, j’ai besoin de ton aide !
J’ai le cœur gros, aide-moi à surmonter ça…

Et ce sera encore un paradis perdu,
Car j’aurai égaré les clefs de ta vertu,
En n’osant pas me lancer à la conquête
D’une terre soi-disant promise, qui ne sera que défaite…

Autant de cœurs fidèles, comme la groupie qui admire son poète sans être entendue.

La groupie du poète : l’amoureuse qui s’efface devant son idole

Une admiratrice amoureuse d’un poète aveugle à son amour.

La groupie du poète

Elle passe ses journées à languir
Sur ses vers pleins de désir,
Dans ses lignes comme des comètes,

Elle est la groupie du poète.

Elle l’admire, l’avide de conquêtes
Plus vraiment sur sa planète,
Lorsque sa plume s’en va bille en tête
Faire la fête avec les mots et les paillettes.

Elle contemple ébahie le prince des mots
Qui l’invite parfois sur son radeau
À lui faire traverser son âme d’oiseau,
Le voir flâner, c’est son plus beau fardeau.

Elle savoure à s’en rendre ivre chaque vers,
Elle s’est fondé un fan-club à son effigie,
Une statue, un piédestal, pour sa poésie.
Il est l’architecte de son univers.

Et alors qu’elle s’extasie de sa fantaisie,
Le poète oublie que l’amour qu’on lui voue est réel,
Il est son Dieu, son prophète, son archange Gabriel,
Mais c’est avec la sourde oreille qu’il compose ses rhapsodies.

Elle dort toujours seule dans le lit de ses pages,
Amoureuse d’un égoïste, d’un aveugle artiste,
Elle implore d’un cœur les baisers de son mage
Qui sourit, car il sait bien qu’elle existe.

Elle rêve que l’ange descende de son nuage de prose,
Qu’il s’approche d’elle, que dans son élan il ose
Câliner toujours plus la muse qu’elle se sait être
Car la groupie a besoin de son amour pour enfin Être.

© Lionel Daigremont

Quand on se sent seul au monde, on se demande : qui m’aimera ?

Qui m’aimera ? La question de celui qui se croit trop abîmé pour être aimé

Un spécialiste des cœurs brisés qui cherche, malgré tout, quelqu’un pour partager sa vie.

Qui m’aimera ?

Je suis comme je suis et c’est bien tant pis
J’aimerais bien changer mais c’est ainsi
Qu’on m’a mis au monde, qu’on m’a donné la vie

Et chaque jour qui passe est un nouveau jour de pluie…

Je suis comme je suis et je doute que ce soit bien ainsi
Mais aujourd’hui je cherche quelqu’un pour partager ma vie
Je ne sais pas si espérer qu’on m’aime est une utopie
Sachant très bien que je ne suis que ce que je suis…

Je suis le spécialiste des cœurs brisés
À commencer par le mien
Ce cœur qu’on a meurtri, humilié
Et qui aujourd’hui ne cherche qu’à se venger
Ou à se cacher…

Je suis le spécialiste des cœurs brisés
… mais ce n’est pas moi qui offre la réparation !
Ce n’est pas moi qui offre la consolation !
Je ne sais même pas si je peux espérer un pardon…

À l’école de la vie j’aurais dû assister…
En amours impossibles je suis diplômé !

Et j’aimerais bien être capable d’accueillir quelqu’un dans ma vie
J’aimerais bien que mon cœur se réchauffe, que l’hiver soit fini
J’aimerais bien vivre un bonheur qui durera
J’aimerais bien qu’on m’aime… mais qui m’aimera ?

Me sera-t-il possible de rencontrer quelqu’un qui m’aimera ?
Connaîtrai-je un jour quelqu’un que j’aimerai et qui m’aimera ?
Je crains de ne jamais rencontrer quelqu’un qui m’aimera
Car je suis comme je suis et c’est bien tant pis…

Enfin, il y a celle qui rêve d’une île à deux, loin de tout.

Rêve impossible : s’enfuir sur une île avec celui qu’on n’ose pas aborder

Un rêve de fuite à deux, et un secret trop lourd à dire.

Rêve impossible

Je ne suis pas assez forte
Pour un jour frapper à sa porte
Loin, j’aimerais tant partir

Avec lui sur une île m’enfuir
Je lui offrirai ma vie, ma mort
Je sacrifierai mes yeux, mon corps
Brûlerai le ciel et la terre
Déchirerai les âmes à tort et à travers
Sans argent, sans valises, sans rien
Nous nous envolerons sur le chemin
Ces instants pleins d’espoir
Resteront gravés dans ma mémoire
Je suis vraiment flagada
De l’attendre en restant là
Je voudrais bien le lui dire
Sans avoir à le faire souffrir
Mais ça me paraît impossible
Puisque je lui semble si pénible
Parfois je pense à tout ravager
Oublier cette obsession instantanée
Hurler ma peine dans ce silence
Avant que la peur ne recommence
Je suis prise dans ce cercle vicieux
Il n’y a pas de quoi faire des envieux
Si un jour j’obtenais le courage
Mais ce n’est qu’un simple mirage
Je suis enfermée dans cette cage !!!
Je n’arrive plus à m’en sortir
C’est trop dur de le lui avouer
Je me mets à le maudire
Ce piège tabou qui m’a entraînée
Et si je m’en allais ?
Et si je laissais tout tomber ?
Je ne sais plus que faire
Pourtant lui et moi on fait la paire
Loin du malheur, de la douleur
Je m’exile avec son cœur
Pour le meilleur et pour le pire
Puisse cet amour nous unir.

Et pour celui qui a embrassé une fois, le souvenir est resté sur la joue.

Le premier baiser : le souvenir d’un baiser sur la joue

Un baiser effleuré, des larmes, une fuite, et un rêve qui reste.

Le premier baiser

J’étais jeune autrefois
j’allais droit sur mes lignes
monotones.

J’avais oublié ce qu’on pouvait faire à deux.
J’allais juste et j’étais heureux,
jusqu’au soir où toi,
tu m’effleuras la joue d’un baiser.

Mon cœur devint si pressé
et mon corps plus chaud qu’un brasier.
Quand ce soir-là je suis rentré
chez moi seul, j’ai tant pleuré.
Pour moi ça n’arriverait pas
et ce soir c’était la seule fois.
Mes premières larmes étaient si lourdes.
Pour longtemps je ne dirai mot.

Mais les flots de mes mers,
elles, savaient-elles que je
t’aimais en secret.
Je t’aimais encore tant et tant
mais comme te vivre me paraissait
impossible, je suis parti loin de toi.

Les nuages ont fait la course aux orages.
La même eau coule sous les ponts,
les mêmes fleurs sur les mêmes arbres.
Mais toi, j’ai oublié tes yeux
la rondeur de tes seins
ou même la couleur de tes cheveux.

Mais il me reste en mon être
le vieux rêve de cet amour
et sur une partie de ma joue
la froideur suave de ton baiser brûlant.

© Carmel

Pour clore cette page, un rondeau sur une blonde qui fait pencher la tristesse.

Ronde… aux blondes : un rondeau pour celle qui apparaît et disparaît

Un essai de rondeau, entre tristesse et clarté blonde.

Ronde… aux blondes

Il suffit que vous apparaissiez,
À l’ennui de mes jours inconsolés,
Pour qu’en mon âme tristesse fonde,
Aux rayons de votre clarté blonde.

Mais vous passiez, ombre furibonde,
Indifférente à mon cœur embrasé
Et vos effluves tout mon être inondent,
Il suffit que vous apparaissiez.

Telles nuées pourpres aux treilles de Gironde,
Point de répit, ni grâce ou pitié,
Mes tourments longs chaque nuit abondent,
À l’ennui de mes jours inconsolés.

Un regard bleu, vous me consentiez
Pourtant, lors de mon ultime ronde.
Une vétille, mais ce fut bien assez,
Pour qu’en mon âme tristesse fonde.

Enorgueilli, ma raison enfiévrée,
D’extase en liesse, cime du monde,
Vers les nues vous hissiez ma psyché
Aux rayons de votre clarté blonde.

Mais l’inconstante, cruelle, s’est lassée,
Inappétente à mon endroit, trop blonde.
M’intimant trêve de la harceler,
Déclara en sa verte faconde :
Il suffit !

© Gabriel

La dernière page de ce voyage approche : encore quelques amours, quelques aveux, avant d’ouvrir la clé de la fin.

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