Passion & sensualité : 736 poèmes d’amour brûlant qui font vibrer l’âme
Abysses
Sommaire :
Va vers d’autres accostages
Va vers celle qui accrochera mon ancre
Et qui s’esquivera sur un rocher de nacre
Comme une perle au fond de l’océan
Je nagerai vers toi, toi mon néant
Toi qui as su me tirer de mon firmament
Tu as su décrocher, mon étoile s’animant
En plongeant dans le lagon
Tu as fait de mon amour une religion comme un pardon
Mon cœur bât le tocsin
Et je demeure et reste dans ton sein
Tourbillonnant dans les profondeurs des abysses
Et je descends et je glisse, et je glisse
Dans l’univers de ton âme
Au virage de mon œil ruisselle, dans les nuages une perle de larme
Va ma pensée, tu dors désormais dans les grands fonds
Et je me repose sur ton corps, dans la barrière de corail en floraison
Tu es ma pensée sauvage
Qui dans mon être frêle, fait des ravages
Et l’étrave de mon navire s’échoue sur la plage
Comme une épave qui jonche le sable, et j’épouse cette perle aux mirages
Mon ombre ouvre doucement l’écrin de son amour
Me tendant la main pour un autre voyage, qui lui est sans retour
J’ai ouvert le coffre aux larmes de silence, montant dans les cieux
Mon être pleure sur la terre, des perles dans un silence quasi religieux
La Pointe de ton i
(poème publié le 02/06/03)
a pointe de ton i
Brille comme une étoile
Flash sur éternité
Illuminant ma vie
Mais je sais les abîmes de tes lagons trop bleus
Je sais tes séductions
Ton poids de certitudes
Je sais tes illusions
Mirage et sortilèges
Tes vertiges
Tes affres
Ton puits de solitude
Tu caresses la mort
Joues avec mon angoisse
Brodes des souvenirs aux lisières de l’oubli
Traverses mon miroir et m’emmènes en délire
Je te voulais légère
Et tu te fais prison
Je te voulais si douce
Mais tu me fais violence
La pointe de ton i m’emmène en poésie
La tige de ton i s’érige dans ma vie
Qui glisse sous mes mains
M’échappe
Se languit
Je m’y accroche en vain
Ma raison se dérobe
Tu étais euphorie
Et tu deviens folie !
© Chris Laure
Plumes de tulle
Aux arches de nos bras,
Corps enlacés sur le quai du départ,
Correspondance unique, idéale,
Billet pour aller n’importe où,
J’arrive toujours où tu m’attends,
Frissonne à ta joue sur la mienne,
Mystère renouvelé de nos rencontres.
T’aborder par les yeux,
Me saborder par le coeur
Qui imprime, traduit l’émotion,
Comme un poème à vivre,
J’assassine les coups du sort,
Désirs enroulés au creux des reins,
Ressentir notre écho en partance,
Imaginer un rituel vers l’ailleurs.
Malgré les détours que nous prendrons,
L’essentiel ira toujours au coeur,
Tout est là sous la peau,
Toucher nos palpitations profondes,
S’entrouvrir nos désirs secrets,
Remonter des pièces d’avant,
Nous sommes deux individus dans l’urgence,
Au bord de nos échanges contrariés.
Tu es le souffle d’un homme oiseau libre,
Appréhendes tout l’espace, sillage sans fin,
Pour toi, je deviens grive musicienne,
Te joue mes accords harmonieux,
Ma mélopée berce ton coeur tourmenté,
Tu as défroissé mes ailes,
J’ai reprisé les tiennes
Et nous nous portons haut dans l’azur.
Ma tête danse
(poème publié le 11/03/05)
a tête danse en souplesse
ma tête est légère et pleine
d’allégresse
ma tête valse sous une vague de promesses.
D’un corps plein de jeunesse
qui peut voler comme livité
satellite dans la félicité.
Ma tête dans ce vieux jeu
sait bien que le corps vieilli
et qu’il n’est plus assoupli
Ma tête guidée par les yeux
a compris que la danse d’ici
s’est depuis hier, assagie.
Ma tête guide le corps
dans les gestes de la vie
sur un long chemin évanoui
Ma tête a entendu
tes désirs et tes craintes
mais n’a pas répondu.
Ma tête a ses désirs
et n’est pas en délire
elle aime le beau à séduire.
Ma tête est dans son corps
les deux chantent très fort
comme mes mains en accord
Sur le piano forté
où toute la volupté
des musiques jouées,
serviraient de maison
à un amour d’un jour
bien douillé et bien rond.
Ainsi, la tête et le corps
à l’unisson, pourront suivre
leur chemin, se tenant la main dans la main.
Pour un amour ténu et solide
qui bientôt ouvrira le chemin
vers des vrais lendemains.
21 mai 2004
© Danielle Petit
Pour toi
(poème publié le 28/04/05)
on cher amour,
aujourd’hui est un jour important, nous le passons ensemble évidemment ;
je t’imagine, accoudé à ton mur, dans cette gare grouillante de monde,
comme à l’accoutumé je n’aurai d’yeux que pour toi,
les sables mouvants sous mes pieds, me font avancer avec prudence,
je ne peux te regarder, tu m’éblouis de ton sourire attendrissant,
pressé d’entendre cogner près de ta poitrine,
la douce mélodie qui émane de moi.
Et puis nos lèvres se rencontreront, discuteront de la pluie et du beau temps,
nos mains fébrilement s’entrelaceront, pour ne se quitter qu’à l’aurevoir du soir.
J’aime l’odeur de ton corps, fraichement habillé de ses senteurs sauvages, j’y pense encore le soir, loin de toi je l’avoue…
© Chouki
Première page de mon petit livre
n’ouvrez jamais ce livre
car vos belles mains
rebelles
le laisseraient tomber
mais si le demon
vous tente de l’ouvrir certains jour
vous verrez petites innocentes
ce qu’est le sal amour
dans ce cahier ouvert
par toi libre enfant
tu ne verras ni fleurs
ni devises amoureuses
garде toi de l’effleurer
Ce sont des pages affreuses…
L’amant d’un soir sans fin
Un soir, sans un mot
Sur un quai mort.
Ma passion s’alluma
Lorsqu’il m’apparut Souriant.
Il prit ma main,
M’attirant
Dans l’abandon.
M’attirant dans l’amour
Sans aucun pouvoir
A ma disposition.
Son parfum agrippait mon corps
Sa voix murmurait :
» L’amour n’aura plus sa fin «
L’instinct
Coucha mon amour.
Il cloîtra ma raison
Au fond d’un placard
Obscur
Son pantin sur son corps
La mort nous unissant
A tout jamais.
Car, il fut
L’amant d’un soir sans fin.
Le bal
(poème publié le 22/11/01)
ntrons dans la danse, laissons nous aller
Jusqu’au bout de la nuit, en frémissement partageons là
Jusqu’au bout de l’envie, les mains corps et pieds tout en
émoi…
Un pas en avant, un pas, puis un autre, un sur le côté,
Un demi tour, un à droite, au rythme des notes,
Au rythme de nos battements, laissons nous aller
Deux pas à gauche, enlacé l’un à l’autre,
Un pas en avant, un en arrière,
Joue contre joue, l’amour dans l’aire
A l’envolée de la musique, nos coeurs s’enlacent,
La douce mélodie d’amour sur nos pétales se posent,
Se joignent dans un moment d’éternité…
Une soie aux sens étoilées
Nous entoure,
Grâce d’amour,
La ballade au clair des âmes
A brandie celle de notre flamme…
La musique a changé…
SAMBA ! Aïe, aïe, aïe, nous voilà embarqué
Dans une danse au rythme endiablée
SAMBA ! La cohue nous prend de cours,
Porte dans un va et vient en tambour…
Puis c’est une Salsa, puis une Valse, puis une Polka !
Les chants, les musiques et les corps à coeurs se succèdent,
Parfois nous entrons à plusieurs, au rythme des mêmes pas,
Dans l’expression des déhanchements, pieds et mains s’aident
A donner, à trouver la voie des vibrations,
A entrer en transe, dans la suivie communion…
Une jambe s’élève, se pose, donne à l’autre le rôle,
Et nous tournons, nous tournons, la sueur en obole,
Nous perdant dans l’instant présent,
Derrière, le monde, aux lois de l’élan…
Et nous tournons, nous tournons,
Et nous soulevons, nous soulevons…
Et nous tournons, nous tournons,
Et nous soulevons, nous soulevons…
Et les corps
Vibrent aux accords,
Et nous nous donnons les bras
Dans une ronde amicale,
Et nos pieds chantent les pas,
Et nous nous laissons charrier
Jusqu’au bout du bal,
Loin de tout quolibet,
Nous appliquant à danser
Elancé sur la brocatelle,
Pour enfin déployer nos ailes
Enlacées à notre chanson,
Au feu éternel des étoiles en fond…
© Pascal Lamachère
Nuit d’amour
(poème publié le 12/03/03)
vec la douceur de ta tendresse
Mille allégresses
Enivrement de baisers
Longtemps désirés
Mon corps a vibré
Mon puits d’amour qui s’ouvre
Remplis ma source de vie
Ton coeur qui fait mon bonheur
Tu le fais battre avec douceur!
Sans m’avertir tu es là
Tu me prends ,je me donne
Capable de recevoir ,de donner
Ces moments spirituels complètent l’ amour
Sans se le dire
Déjà nos âmes,esprit,corps
Nous, mènent à l’éternité
Dans notre union
À l’amour universel!
Tes mains caressent mes cheveux
Tes lèvres goûtant à mes lèvres
Yeux dans les yeux
Longtemps, longtemps au delà du temps
Je reste inertie
Notre paix ,notre sérénité,notre éternel bonheur
Sombrant ensemble dans un sommeil
Qui m’amène avec toi
Pour le reste de notre vie
Dans un coeur uni
Plus de souffrance, Délice d’amour !
Amoureuse
12Mars 2003
© Normande Dallaire
Amante
(poème publié le 04/02/05)
’ai cueilli un nuage pour toi
Dans l’acre du ciel
Qui s’est ouvert sur ta paupière bleue
limpide.
Sous ton sourcil se réfugie parfois l’ombre du soir
Qui tombe sur les flancs de mon corps.
Tu te dresses où tu veux t’engloutir
Te désarmer anéanti de plaisir.
Un voile cache mon sein
Pour ne pas se laisser voir à ton regard.
Dénudée par tes mains je me laisse cueillir
Par toi mon bien-aimé.
Pâle et douce comme la corolle de marguerite
Que tu veux effeuiller.
Sa racine s’est plongée dans l’abîme
Au creux de la grotte de l’intime.
Ta tête roule sur mon sein lourd et chaud
Qui attend une caresse ultime.
Le ciel nous créa pour effeuiller nos désirs
Le vent mêle ses ondulations à nos délires.
A la vague mourante de nos excitations
Nos baisers cherchent nos bouches fruitées.
Dans un délire au profond de notre lit
Nos corps se joignent puis s’apaisent.
Nos corps font naître en nous
Le gouffre éclairé de la volupté
Restant dans le calme
Nos yeux se ferment de sommeil…
© Julienne Pinkiewicz
Instant enchanté
(poème publié le 05/04/03)
ux premières nitescences d’un nouveau jour
Un tendre baiser se pose sur une joue
Matinale et délicate empreinte d’amour
Un autre se pose sur des lèvres bijoux.
L’amour en cette journée est bien habillé
Il a l’élégance et le panache d’un dandy
Dans la paume de la main il s’est éveillé
Après avoir été pendant un temps maudit.
Effleurement et baiser, sur la sainte chair
Peau contre peau et chaleur des corpus bénis
L’œuvre de cupidon semble flotter dans l’air
Traduite en une sensuelle cérémonie.
De tendres caresses en gestes passionnels
Des mouvements se dessinent sous les draps blancs
A l’approche de l’étreinte fusionnelle
Collusion des deux entités s’accordant.
Et Eros bouillonne et s’agite toujours nu
Offrant à la nature ce spectacle d’anges
Se découvrant mutuellement sans retenue
Alchimie de physiques qui se mélangent.
Jailli la séraphique aura seminalis,
Au plus fort de l’enivrante volupté,
Qui contradictoirement vient telle une éclipse
Jeter son ombre sur cet instant enchanté.
© Martin Codron
La beauté
(poème publié le 27/01/05)
a beauté ce n’est rien
C’est un pied fuselé
Une main oblongue
Un regard pénétrant
La beauté ce n’est rien
C’est une chute de rein
Taillée dans le granit
A la courbe insensée
La beauté ce n’est rien
C’est la pointe des seins
Dressée vers la lumière
Qui appelle nos mains
La beauté ce n’est rien
Que tes lèvres effleurées
Où se posent tes paroles
Comme s’y pose ton rouge
La beauté ce n’est rien
Qu’un silence choisit
Au milieu du vacarme
Qui emplit mon esprit
La beauté c’est ton charme
Dans les nuits de ma vie
La couleur de tes larmes
Dans le ciel embrasé
La beauté c’est ta voix
Reflet de ta folie
Cette infinie tendresse
Qui croise dans tes yeux
La beauté c’est ce geste
Qui s’en va et qui vient
C’est le temps qui s’arrête
Quand tu atteins la joie
La beauté c’est partout
Où l’on sait regarder
Elle ressemble à un chat
S’enroulant de désir
La beauté est à toi
A toi de la saisir
Elle te montre le chemin
Que tu dois parcourir
La beauté c’est tout ça
Tout et rien à la fois
C’est toi et puis c’est moi
C’est les autres parfois…
© Pierre Tronc
Variance de regards
(poème publié le 20/06/05)
e regarde pas le soleil il brûlerait tes yeux
Contente-toi que de l’ombre qui est
tellement mieux
Car tu y trouveras toutes ces formes étranges
Qui te protègeront comme les ailes des anges
Ne regarde pas la lune qui pâlirait ton teint
Contente-toi des étoiles qui montrent le chemin
Elles te guideront vers un monde magique
Qui ne sera que fait d’amour et de musique
Ne regarde pas ta vie mais juste devant toi
Contente-toi du présent seul l’avenir est roi
Là tu y trouveras la porte de l’interdit
Qui s’ouvrira en grand lorsque viendra la nuit
Ne regarde pas son visage mais imagine-le
Contente-toi de le voir comme si c’était un jeu
Laisse juste sur toi ses mains alors se promener
Accepte de recevoir pour que tu puisses donner
Mais regarde le miroir et accepte ton image
Ne contente plus les autres ne sois plus aussi sage
Profite de chaque instant que t’offre cette vie
Croque-là à pleines dents et bois-là jusqu’à la lie
Passion en pointillés
(poème publié le 21/03/03)
n mettra, mon amour, des pointillés
Entre toi et moi
On les sèmera sur l’chemin de not’
passion
Pour s’ préserver d’ l’usure du temps
Pour échapper au naufrage
Pour se sauver du quotidien
Si on veut pas qu’not’ passion se cabosse
Un zeste d’amour rosse
Aussi
Jamais de chaussettes sales
Je sais pas les laver !
On mettra, mon amour, beaucoup de fantaisie
Quelques grammes de folie
Dans le p’tit plat de not’ passion
Si on veut bien rigoler
Si on veut pas bailler
Et regarder sa montre
Quand on fait tagada
Si on veut s’envoyer en l’air
Quand on s’envoie en l’air
On mettra, mon amour, quelques sens interdits,
Sur la route du plaisir
Pour s’chatouiller les sens,
Crier « Ciel, mon mari ! »
Un peu de jalousie
Mais point trop
Un peu de vice point de vertu
On mettra, mon amour, un masque quelquefois
Pour ne pas se mentir
Assez de fables
Et beaucoup de sincérité,
Pour cette passion à découper
Très follement selon les pointillés…
© Marjolaine
Cœurnivore
Animal coeurnivore et qui, me reniflant,
S’éprend de ma chair fraîche.
D’un coup de patte vif, féroce quoique doux,
Il me projette à terre et paumes et genoux
Se brûlent au sol rêche.
Je me sens désormais dans la peau de la proie ;
Je suis tel un jouet, un objet qu’on s’octroie,
Qu’on use et abandonne.
L’habitat de mon cœur, squelette distordu,
Se brise sous les crocs d’un amour éperdu
Que j’admire et pardonne.
L’onde d’amour
Toi la cascade de l’oubli
Tu emportes dans les flots de mes pensées
La nostalgie d’hier
Et tu longes les berges de mon existence
Toi la passion aux yeux de perles
Tu es la colombe cherchant l’épaule de mon cœur
Et tu franchis avec sérénité le canyon de la sagesse
Tu t’apaises dans un courant qui se meurt
Pour devenir une paisible rivière de bonheur
Où le saule pleureur sur la rive
Balaie de ses branchages la surface de l’eau
Et tu caresses mon visage apaisé
Où le courant de mes sens bouillonne de désirs
Tu agonises dans mes bras où se reflète l’eau calme
Du miroir de ta vie aquatique
Et tu sors t’égouttant dans un soubresaut, de ton eau
Puis tu te couches sur l’herbe de mon corps
Ne formant plus qu’un
Et là-haut
Tout là haut
Là où naît la cascade
S’écoule le temps qui passe
Et toi !
Doucement
Tu sors de la fontaine
Remplissant le ver de mon âme
D’un élixir
Qui s’appelle
Amour et tendresse
Fluide comme une eau aux mille amantes
O soleil
Si tu m’émerveilles
c’est que de tout temps,
tu es le plus émouvant
de tous mes amants.
Lorsque tu t’éveilles
encore plein de blancheur,
tu couvres de douce tiédeur
mes fins de sommeil.
Lentement, ta couleur jaunie
je sors de ma torpeur,
doucement, ton cœur grandit,
tu m’offres ta chaleur.
Tu montes dans les cieux,
tes rayons frôlent mon visage,
j’ouvre à peine les yeux,
je me nourris de ton image.
Quand tu arrives au zénith,
tu t’enroules sur mon corps,
Oubliées les pensées maudites,
je m’abandonne encore.
Refermées les plaies de mon cœur,
sséchées les larmes de mes douleurs.
Mais le plus sublime de tous les instants,
est lorsque tu te pares, si majestueux,
de pourpre, d’or et de feu.
Tu es ce moment ultime, si puissant, si profond,
m’enveloppant de ta flamme
avant de quitter l’horizon,
tu envahies mon âme.
Et quand tu t’éteins, je te rêve encore,
Astre lumineux, si précieux trésor,
merveilleux amant,
soleil de mon corps.
Dialogue
Dis-moi le cœur qui bat, pourquoi ?
Dis-moi les matins du Monde …
Dis-moi demain, et les secrets de l’onde …
Ô mon fils,
Le cœur qui bat, les yeux qui se dévissent,
La vie qui ne tient qu’à un cil,
Le courant du regard t’attirant sur son fil,
C’est la femme, mon fils- auteur de nos délices.
Les matins du Monde accouchés de son lit,
Du lit où tu partages avec elle son envie,
Ce sont les plus beaux ors qu’un Dieu aimant allume,
Ce sont des souvenirs que le temps fait posthumes …
C’est la femme, mon fils, qui nous crée- nous consume.
Demain est son domaine, la vie est son métier,
Tu ne sauras jamais comme elles peuvent t’aimer.
Demain est son mystère et surgit de sa chair,
Et tu sauras un jour le prix de ces éclairs.
C’est la femme, mon fils, l’orage et ses éclairs.
Sirène qui te noie dans les secrets de l’onde
Où la muse s’amuse, seconde après seconde,
A captiver tes sens et te faire fétu,
Qui tournoie dans les flots qui se ferment, et te tuent.
C’est la femme, mon fils, dont nous sommes vêtus.
Lucidité
Se noie dans mon verre
Jamais tu es indifférente
À tout ce qui bouge
À tout ce qui hurle autour,
Toujours présente
Au plus faible des murmures.
Je te sens en moi
Tu es ma seconde peau
Voilà pour quoi je vénère
Ton nom comme on respire,
Souvent, trop souvent, sans savoir
Si tout à l’heure je vais en mourir.
Les mains vides, sans armes
Tu triomphes quand même
Chair d’ange, chair d’enfer
Comme une fleur ouverte
Sur ce réseau d’amour
Catalisatrice parfaite
Tu es le sel qui veut
Sauver la saveur d’une larme.
Nous nous rejoignions
Pour refuser d’être comme prévu.
Comme une sensation de miel
D’où s’écoule un fleuve de baisers
Au delà de toutes nos différences
Se révèle une douceur inattendue.
Voilà que nos anciennes blessures
Perdent leurs épines.
Soulevons nos yeux vers le ciel
Où les oiseaux se dépossèdent
L’instant présent est cher
Le tout se rebâtit
Avec nos yeux d’enfants
Nos existences emménage
Dans un corps immortel,
Moment de lucidité…
L’embarcadère de l’aube
(poème publié le 27/03/03)
Au temps où ta poupée
Versait des larmes
chaudes
Mon plus grand cerf-volant
Poursuivait les fusées.
L’écho des pages blanches
Ne se lit qu’à l’envers.
Quand je marche avec toi
Le moindre pas sur terre
Est un cri dans les étoiles.
L’infini en déroute
Se mêle à nos caresses.
Tous les chemins se perdent
Et se retrouvent
À l’embarcadère de l’aube
Sans départ ni retour,
Rien que le ressac du soleil
De l’une à l’autre rive,
De la brûlure à la source.
Le sang est en partance
Sur la peau des saisons,
Ton souffle dans mon souffle.
Si le désir au bout des doigts
Ne retient qu’un éclair
De ce qui meurt en nous
Cela suffit aux mains
Pour toucher l’absolu.
Ce qui disperse nos images
Réunit nos regards.
J’ai fait tant de faux pas
Pour retrouver le monde
Tu le tenais pour moi
Au bout d’une caresse.
© Jean-Marc La Frenière
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